La Jeune Garde sous le feu d'une enquête pour reconstitution de ligue dissoute
Le groupe d'ultragauche La Jeune Garde, déjà mis en cause dans le décès tragique du militant d'ultradroite Quentin Deranque survenu à Lyon le samedi 14 février, fait désormais l'objet d'une enquête judiciaire pour « reconstitution de ligue dissoute ». Cette procédure a été ouverte à la suite d'un signalement officiel transmis par le ministère de l'intérieur au parquet de Paris ce mardi.
Un signalement détaillé du ministère de l'intérieur
Dans un communiqué rendu public, le parquet de Paris a confirmé avoir reçu ce signalement, qui dénonce spécifiquement la reconstitution de l'organisation « sous forme de structures satellites ». La Jeune Garde avait pourtant été officiellement dissoute par décret en Conseil des ministres le 12 juin dernier. Malgré cela, le groupe semble avoir persisté sous d'autres formes, selon les autorités.
Le Conseil d'État avait rejeté le recours déposé par l'organisation en août, confirmant ainsi la dissolution. Une audience supplémentaire sur le fond de ce recours était initialement prévue pour le 11 février 2026, mais elle a été reportée à une date ultérieure, laissant la situation juridique dans l'attente.
Une enquête confiée à la gendarmerie nationale
L'enquête, qui porte principalement sur les accusations de participation au maintien ou à la reconstitution d'une association ou d'un groupement dissous, a été confiée à la direction générale de la gendarmerie nationale. Ce délit, pris très au sérieux par les autorités judiciaires, est passible de peines sévères pouvant aller jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende, comme le rappelle le parquet dans son communiqué.
Un précédent avec Génération identitaire
Le parquet a également souligné qu'un signalement similaire avait été émis en octobre 2021 concernant la reconstitution de l'association Génération identitaire, elle-même dissoute sept mois auparavant. À l'époque, la section de recherche de Paris avait été saisie de l'affaire. L'enquête a depuis été clôturée et est actuellement en cours d'analyse par le parquet, qui doit déterminer l'orientation pénale à donner à ce dossier.
Ce parallèle historique montre que les autorités restent vigilantes face aux tentatives de reconstitution de groupes dissous, qu'ils soient d'ultragauche ou d'ultradroite, et renforce la gravité des accusations portées contre La Jeune Garde dans le contexte actuel.



