Kevin Escoffier jugé pour agressions sexuelles sur quatre femmes à Lorient
Kevin Escoffier jugé pour agressions sexuelles à Lorient

Le navigateur Kevin Escoffier face à la justice pour des agressions sexuelles présumées

Près de trois ans après les premières accusations, le navigateur français Kevin Escoffier comparaît ce lundi 30 mars 2026 devant le tribunal correctionnel de Lorient. Il est poursuivi pour des agressions sexuelles sur quatre femmes, survenues en France et à l'étranger, des faits qu'il conteste avec véhémence.

Un procès attendu depuis longtemps

Le skippeur breton, figure emblématique de la course au large, aura l'occasion de s'expliquer sur ces accusations lors de ce procès qu'il attendait avec impatience, selon son avocate, Me Virginie Le Roy. Kevin Escoffier sera notamment confronté à l'ancienne attachée de presse de son équipe, une Française aujourd'hui âgée de 33 ans.

Dans sa plainte, cette dernière affirme avoir été agressée par le navigateur dans un bar de Newport aux États-Unis en mai 2023, lors d'une étape de l'Ocean Race. « Si ce procès a lieu aujourd'hui, c'est parce que ma cliente a été la première à dénoncer les agressions sexuelles qu'elle a subies. Son courage a rendu cette action en justice possible », souligne son avocate, Me Caroline Toby.

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Quatre plaintes et des témoignages accablants

L'enquête s'est appuyée sur les plaintes de quatre femmes qui dénoncent des agressions sexuelles de la part de Kevin Escoffier à différents endroits : Newport, mais aussi Lorient, le Brésil et Melbourne en Australie. Selon des témoignages, au moins une partie des faits aurait été commise alors que le skipper était en état d'ébriété.

La plaignante défendue par Me Toby avait été citée comme témoin lors d'un précédent procès en diffamation. Elle avait raconté à la barre comment, alors qu'elle cherchait son équipe dans le bar de Newport, elle avait rencontré Kevin Escoffier. Tandis qu'elle s'apprêtait à une accolade avec le skipper, celui-ci lui aurait « pressé les seins avec ses mains », a affirmé la jeune femme. « Il commence à me palper une fesse, puis l'autre », « et sa main commence à remonter sous mon t-shirt ».

Un parcours professionnel ébranlé

Peu après la médiatisation des accusations contre lui en juin 2023, le navigateur avait quitté l'équipe du monocoque Holcim-PRB en pleine Ocean Race. En octobre 2023, « compte tenu du faisceau d'indices portés à sa connaissance », la Fédération française de voile (FFVoile) avait suspendu le navigateur de toute compétition pour 18 mois et lui avait retiré provisoirement sa licence pendant cinq ans. Mais elle a annulé ces mesures en mars 2024, invoquant un « vice de procédure ».

Ingénieur naval et membre d'une illustre famille de marins bretons, Kevin Escoffier s'est fait connaître du grand public en frôlant la mort en novembre 2020 durant le Vendée Globe. Naufragé lors d'une tempête au large du Cap de Bonne-Espérance, il avait sauté dans son radeau de survie avant d'être secouru in extremis par son concurrent Jean Le Cam.

Mobilisation féministe et enjeux judiciaires

Avant l'ouverture du procès prévue à 13h30, le collectif féministe NousToutes Lorient a appelé à un rassemblement devant le palais de justice pour soutenir les victimes et « briser le silence sur les violences qui règnent sur le milieu de la course au large ».

Kevin Escoffier avait été placé en garde à vue en février 2025 dans le cadre d'une enquête ouverte en juillet 2023 par le parquet de Paris puis transférée à celui de Lorient. S'il est reconnu coupable d'agression sexuelle par le tribunal de Lorient, il encourt une peine maximale de cinq ans de prison, voire sept ans si des circonstances aggravantes sont retenues. Le jugement devrait être mis en délibéré à l'issue des débats lundi soir.

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