Jack Lang démissionne de l'IMA après l'ouverture d'une enquête sur ses liens avec Jeffrey Epstein
Jack Lang quitte l'IMA suite à l'enquête sur ses liens avec Epstein

Jack Lang quitte la présidence de l'Institut du monde arabe dans un contexte judiciaire tendu

L'Élysée a pris acte de la décision sans émettre de commentaire supplémentaire. Jack Lang, figure emblématique de la culture française et président de l'Institut du monde arabe (IMA) depuis 2013, a officiellement démissionné samedi 7 février. Cette décision survient directement après l'ouverture d'une enquête par le Parquet national financier (PNF) concernant ses relations avec Jeffrey Epstein, le criminel sexuel américain décédé en détention en 2019.

Une démission anticipée pour éviter la confrontation

Plutôt que de se présenter à l'entretien convoqué au Quai d'Orsay dimanche 8 février, où il devait s'expliquer sur ses liens avec l'homme d'affaires controversé, l'ancien ministre de la culture sous François Mitterrand a choisi de prendre les devants. Dans un courrier diffusé en fin d'après-midi samedi, Jack Lang a déclaré : « Afin de préserver l'Institut du monde arabe et son travail exemplaire, et de pouvoir sereinement récuser toutes les accusations qui m'assaillent, je propose de remettre ma démission lors d'un prochain conseil d'administration extraordinaire. »

Il a ajouté que cette assemblée pourrait également choisir son successeur pour assurer une transition fluide et éviter toute rupture dans la continuité des activités de l'institution culturelle.

Un mandat brutalement interrompu

Le quatrième mandat de Jack Lang à la tête de l'IMA devait initialement s'achever fin décembre 2026. Cependant, à plus de 86 ans, le président déchu se voit contraint de précipiter son départ, mettant fin prématurément à une présidence qui aura duré plus d'une décennie. Cette situation crée un vide de leadership immédiat au sein d'une institution majeure de la diplomatie culturelle française.

Une succession rapidement organisée

Dès l'annonce de la démission, Jean-Noël Barrot, le ministre des affaires étrangères français, a immédiatement lancé les procédures pour désigner un successeur. Tout juste rentré de Beyrouth, il a demandé la convocation du conseil d'administration « sous sept jours » afin de nommer « un président ou une présidente par intérim ». L'objectif est clair : ne pas perdre de temps pour garantir une transition efficace et maintenir la stabilité de l'institution.

Parmi les noms circulant pour cette succession intérimaire, celui d'Audrey Azoulay est particulièrement mentionné. Ancienne directrice générale de l'Unesco de 2017 à 2025 et précédemment ministre de la culture sous François Hollande entre 2016 et 2017, son profil semble correspondre aux exigences du poste. Son expérience internationale et sa connaissance des enjeux culturels pourraient faciliter cette période de transition délicate.

Cette affaire soulève des questions sur l'impact des enquêtes judiciaires sur les institutions culturelles et met en lumière les défis de la gouvernance dans un contexte médiatique et légal complexe. La rapidité de la réaction gouvernementale démontre l'importance accordée à la préservation de l'image et du fonctionnement de l'Institut du monde arabe, un acteur clé des relations culturelles entre la France et le monde arabe.