Une Iranienne condamnée pour apologie du terrorisme en France
La justice française a rendu jeudi un verdict sévère contre Mahdieh Esfandiari, une ressortissante iranienne âgée de 39 ans. Le tribunal l'a condamnée à quatre années de prison, dont une ferme, accompagnée d'une interdiction définitive du territoire français. Cette décision intervient après des accusations graves d'apologie du terrorisme et de provocation directe en ligne à des actes terroristes.
Des accusations multiples et des publications incendiaires
Mahdieh Esfandiari, née en Iran et arrivée en France en 2018, a également été reconnue coupable d'injure publique en ligne en raison de l'origine, de l'ethnie, de la nation, de la race ou de la religion, ainsi que d'association de malfaiteurs. Les autorités judiciaires l'accusent d'avoir alimenté en publications les comptes de l'organisation Axe de la Résistance durant les années 2023 et 2024.
Ces activités se sont déroulées sur plusieurs plateformes numériques, notamment Telegram, X (anciennement Twitter), Twitch et YouTube, ainsi que sur le site Egalité et Réconciliation, associé à l'essayiste français d'extrême droite Alain Soral, lui-même multicondamné. Les publications incriminées ont notamment fait l'apologie de l'attaque sanglante menée par le mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023 en Israël.
Ces contenus ont été jugés comme incitant à des actes de terrorisme et injuriant la communauté juive, ce qui a conduit à cette condamnation ferme de la part de la justice française.
Un possible échange diplomatique avec l'Iran
Cette affaire prend une dimension internationale, car Mahdieh Esfandiari pourrait servir de monnaie d'échange avec les autorités iraniennes. L'Iran a exprimé le souhait d'échanger, une fois la procédure judiciaire close en France, sa ressortissante contre les deux Français Cécile Kohler et Jacques Paris.
Ces derniers avaient été incarcérés en Iran en mai 2022 avant d'être condamnés à de lourdes peines, notamment pour espionnage. Libérés début novembre 2025, ils sont actuellement assignés à résidence à l'ambassade de France à Téhéran, avec interdiction de quitter le territoire iranien.
L'avocat annonce un appel et dénonce des considérations diplomatiques
L'avocat de Mahdieh Esfandiari, Nabil Boudi, a immédiatement annoncé son intention de faire appel de cette décision. À l'issue de l'audience, il a affirmé : « On nous parle depuis le départ de ce soi-disant échange qui doit avoir lieu entre nos compatriotes et Mme Esfandiari [...] Si le tribunal a rendu une peine aussi sévère sur la base de considérations diplomatiques, le tribunal a commis une faute ».
Cette déclaration soulève des questions sur l'influence potentielle des relations diplomatiques entre la France et l'Iran dans le verdict rendu. L'affaire continue donc de susciter des débats, tant sur le plan judiciaire que sur le plan international, avec des implications pour la sécurité et les droits humains.



