Nîmes : le suspect de la fusillade de Valdegour maintient son innocence et réclame sa libération
Devant la chambre de l'instruction ce mercredi 14 janvier 2026, Giovanni B., suspecté d'être l'auteur de la fusillade survenue le 27 juin 2025 place Avogadro dans le quartier Valdegour à Nîmes, a une nouvelle fois nié toute implication dans ces faits. Interpellé le 16 juillet 2025 et placé en détention provisoire, il a fait appel du rejet de sa demande de remise en liberté daté du 9 décembre dernier.
Une fusillade qui a traumatisé le quartier
Lors de cette violente fusillade, sept personnes âgées de 14 à 20 ans ont été blessées par balles. L'une d'elles a été prise en charge en urgence absolue et s'est vue prescrire 90 jours d'incapacité totale de travail (ITT). D'autres victimes ont reçu 60 jours d'ITT. Cet épisode s'inscrit dans une série de fusillades survenues durant l'été 2025, sur fond de guerre de territoire entre la ZUP sud et la ZUP nord de Nîmes.
Les arguments de la défense
Par la voix de son avocate, Me Cot, Giovanni B. a demandé son placement sous contrôle judiciaire plutôt que son maintien en détention. "Je suis pas dans ça moi. Oui j'ai eu un passé difficile, mais c'était surtout pour des affaires de vols ou pour me procurer ma consommation personnelle", a-t-il déclaré lors de l'audience en visioconférence.
Son avocate a insisté sur la fragilité des éléments à charge : "Il n'y a aucun ADN, aucun bornage téléphonique ni même d'images exploitables. On se base sur des rumeurs véhiculées sur les réseaux sociaux". Elle a également proposé des alternatives à la détention, suggérant que son client pourrait être logé hors du Gard avec une obligation de pointage ou une assignation à domicile.
Les éléments à charge présentés par l'accusation
Pourtant, l'enquête a rassemblé plusieurs indices compromettants :
- Une victime a formellement identifié Giovanni B. comme étant le tireur
- La voiture de sa compagne correspond au véhicule repéré quittant les lieux à vive allure après les faits
- Un contrat de 150 000 euros le visant laisse supposer une implication importante dans le trafic de stupéfiants qui sévit dans les quartiers nîmois
L'opposition de la partie civile et du parquet
L'avocate de la partie civile s'est fermement opposée à toute libération : "S'il est remis en liberté, cela va raviver indéniablement le traumatisme chez la victime". L'avocat général, Dominique Sié, a estimé que les garanties proposées étaient insuffisantes et a demandé la confirmation du rejet de la demande de remise en liberté.
La décision de justice
Après délibéré, la chambre de l'instruction a confirmé le vendredi 16 janvier 2026 le rejet de la demande de remise en liberté. Giovanni B. reste donc en détention provisoire. Il est poursuivi pour "tentative de meurtre en bande organisée" et "participation à une association de malfaiteurs", des charges qui pourraient lui valoir une lourde peine s'il était reconnu coupable.
Cette affaire illustre les tensions persistantes dans certains quartiers de Nîmes et les difficultés rencontrées par la justice pour lutter contre la violence urbaine et le trafic de stupéfiants. Les investigations se poursuivent pour éclaircir complètement les circonstances de cette fusillade qui a profondément marqué les habitants du quartier Valdegour.



