Une femme handicapée condamnée pour vol sur personne vulnérable à Saintes
Femme handicapée condamnée pour vol à Saintes

Une affaire de vol trouble le tribunal correctionnel de Saintes

Ce mardi 24 février, le tribunal correctionnel de Saintes a jugé une femme de 49 ans, présentée comme handicapée mais visiblement capable de marcher, pour un vol commis chez un nonagénaire saintais. L'affaire a révélé des versions contradictoires et des zones d'ombre qui ont conduit à une requalification des faits.

Les faits reprochés et le déroulement des événements

Selon l'accusation, huit jours avant l'audience, la prévenue s'est présentée au domicile d'un homme de 92 ans, rue Desmortiers à Saintes, assise dans un fauteuil roulant électrique. Elle aurait réclamé de l'argent, une pratique apparemment récurrente. Le nonagénaire a témoigné à la barre : « Je lui ai dit que je n'étais pas une banque. Elle est sortie, écoutez-moi bien, de son chariot, elle m'a poussé de toutes ses forces. Je suis tombé à la renverse. Elle est entrée dans mon bureau, à l'étage, et a pris 90 euros ».

Le procureur Benjamin Alla a souligné la contradiction apparente entre le handicap allégué et la mobilité observée : « Vous la voyez bien portante, sur ses deux jambes, faire des mouvements de bras », a-t-il observé face à la prévenue.

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La défense présente une version radicalement différente

L'avocate de la défense, Me Maryn Pierret, a développé une interprétation totalement opposée des événements. Elle a évoqué l'idée d'un « homme seul qui a voulu de la compagnie », suggérant que la situation aurait dégénéré lorsque la prévenue aurait refusé ses avances. La prévenue elle-même, s'exprimant avec une élocution difficile, a déclaré : « En aucun cas je ne voulais faire de mal ».

La décision du tribunal face aux incertitudes

Face aux zones d'ombre persistantes dans le dossier et aux versions contradictoires, le tribunal a pris une décision nuancée. Les magistrats ont requalifié les faits initialement poursuivis en « vol sur personne vulnérable », reconnaissant la situation particulière de la victime âgée de 92 ans.

La quadragénaire a été condamnée à une peine de quatre mois de prison avec deux ans de sursis probatoire. Cette condamnation s'accompagne d'une obligation de soins, reflétant la prise en compte par la justice des aspects sociaux et médicaux potentiels de cette affaire complexe.

Ce jugement met en lumière les difficultés d'appréciation des tribunaux lorsqu'ils sont confrontés à des situations où handicaps apparents, vulnérabilités des victimes et versions contradictoires des faits s'entremêlent, créant un tableau judiciaire particulièrement délicat à démêler.

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