Une ex-élue CGT des Forges de Tarbes poursuivie pour diffamation par Europlasma
Ex-élue CGT poursuivie pour diffamation par Europlasma

Une ancienne élue syndicale face à la justice pour ses déclarations dans la presse

Josiane Frétier, qui a exercé en tant qu'élue CGT aux Forges de Tarbes jusqu'à sa retraite le 31 octobre 2025, se retrouve dans une situation judiciaire délicate. Le 6 février, elle a reçu par huissier une citation à comparaître devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour le délit de diffamation publique. Cette procédure émane de son ancien employeur, le groupe Europlasma, propriétaire de l'usine de corps d'obus située à Tarbes, dont le PDG, Jérôme Garnache-Creuillot, assure également la direction du site.

Des propos médiatisés après la retraite

Le groupe reproche à Mme Frétier des déclarations faites dans les colonnes de plusieurs publications entre le 8 novembre et le 21 décembre 2025. Ces interventions ont eu lieu dans les quotidiens Ouest-France et Le Télégramme, ainsi que dans l'hebdomadaire Le Point. Il est important de noter que ces propos ont été tenus après son départ à la retraite et la fin de son mandat syndical, une situation qui ne lui confère aucune immunité en matière de diffamation selon la loi.

Contexte des difficultés industrielles d'Europlasma

Les médias bretons ont sollicité le point de vue de Josiane Frétier en réaction aux problèmes rencontrés sur un autre site du groupe Europlasma, la Fonderie de Bretagne à Caudan dans le Morbihan. Au printemps 2025, cette usine, spécialisée dans les pièces automobiles, avait été sauvée grâce à une mobilisation massive des syndicats et des élus locaux, avec un projet de diversification vers la fabrication d'obus, largement couvert par la presse.

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Cependant, à l'automne, le directeur de la fonderie bretonne a été brutalement écarté, et le comité social et économique a activé son droit d'alerte, exprimant des inquiétudes quant au manque de transparence et à l'absence de commandes. Ces développements ont conduit les médias à établir des parallèles avec les difficultés signalées par les salariés sur d'autres sites rachetés par Europlasma ces dernières années, tels que les Forges de Tarbes, Valdunes et les Forges de Gerzat, souvent dans le cadre de procédures devant le tribunal de commerce.

Cette affaire met en lumière les tensions persistantes entre la direction du groupe et les représentants du personnel, dans un contexte de restructuration industrielle et de diversification stratégique. La comparution de Josiane Frétier devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pourrait ainsi servir de test pour la liberté d'expression des anciens élus syndicaux lorsqu'ils commentent les affaires de leur ex-employeur après leur départ.

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