Un escroc en série derrière les barreaux en Lozère
Le tribunal correctionnel de Mende a rendu son verdict ce mardi 3 mars 2026 en condamnant un trentenaire originaire du Gard à dix-sept mois de prison ferme. Ce jugement intervient après la découverte de quatre nouvelles escroqueries portant à vingt le nombre total de victimes recensées par la justice lozérienne.
Un parcours judiciaire déjà chargé
Pour la troisième fois en moins d'un an, ce natif de Nîmes comparaissait devant les magistrats mendois. Déjà condamné définitivement en avril 2025 à dix mois de prison avec sursis, il attend également un procès en appel prévu le 9 juin 2026 concernant un autre dossier.
Les cinq mois de détention restant de sa précédente condamnation ont été révoqués, mais le procureur de la République Valéry Morron a requis une peine ferme avec mandat de dépôt, estimant nécessaire "une incarcération longue pour éviter la récidive et permettre un vrai travail de fond psychologique".
Quatre nouvelles escroqueries détaillées
Les faits reprochés lors de cette audience concernent principalement des tromperies lors de ventes de véhicules et d'objets électroniques :
- Le 16 avril 2025 à Marvejols : un homme de 74 ans vendant une Opel Corsa pour 900€ n'a jamais été payé. Le véhicule a même été revendu deux fois avant d'être finalement restitué à son propriétaire légitime après enquête.
- Le 27 juillet 2025 à Saint-Chély-d'Apcher : un propriétaire de 66 ans vendant une Fiat Punto pour 500€ a été trompé avec un certificat de cession comportant une fausse identité et une fausse adresse.
- Le 17 février 2026 : une jeune femme vendant son iPhone 16 sur leboncoin a été escroquée via un virement bancaire au nom d'une tierce personne.
Comportement problématique et peu coopératif
Lors de l'audience, le prévenu a frôlé la crise de nerfs, tentant même d'ironiser sur sa situation. Interrogé sur son refus de donner le code de déverrouillage de son téléphone en garde à vue, il a déclaré : "Je change mon code régulièrement. J'ai plusieurs compagnes. Je les mets toutes enceintes. Quand on a des choses à cacher, on change souvent de code".
Le président du tribunal Benjamin Gayet a également souligné les multiples infractions routières commises par l'individu, dont des excès de vitesse et des stationnements gênants, ainsi que le transport d'un animal "dans des conditions indignes".
Un verdict partiellement suivi
Les magistrats du siège ont finalement suivi les réquisitions du parquet concernant la peine d'emprisonnement, mais ont exclu l'interdiction du territoire lozérien que réclamait le procureur. L'avocate de la défense, Me Clarisse Ribière, avait plaidé pour un aménagement de peine, évoquant un possible travail et logement à Ispagnac.
Valéry Morron s'est interrogé sur le parcours de cet escroc en série : "Comment un jeune, diplômé, avec une famille soutenante et des enfants peut se retrouver à nouveau devant ce tribunal ?" Une question qui reste sans réponse alors que le prévenu commence sa peine de dix-sept mois derrière les barreaux.



