Une enquête judiciaire sensible sur le rachat d'Alstom par General Electric
Un dossier judiciaire d'une extrême sensibilité, dont les détails sont restés largement confidentiels, refait surface alors que le second mandat présidentiel d'Emmanuel Macron approche de sa phase finale. Comme l'a révélé Le Monde en 2024, une information judiciaire a été ouverte en décembre 2022 par le Parquet national financier (PNF). Cette enquête découle d'une ordonnance de disjonction et se concentre principalement sur l'acquisition controversée de la branche énergie d'Alstom par le géant américain General Electric.
Les faits au cœur de l'enquête
L'opération, conclue en 2014, a vu General Electric racheter les activités « Power and Grid » de la multinationale française Alstom pour la somme colossale de 12,3 milliards d'euros. Alstom, société emblématique française spécialisée dans le secteur des transports, cédait ainsi une partie stratégique de son patrimoine industriel. L'enquête du PNF examine avec une attention particulière le rôle joué par Emmanuel Macron, qui occupait à l'époque les fonctions de ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique, ainsi que les agissements de son entourage proche.
Les chefs d'inculpation potentiels
Une commission rogatoire est actuellement en cours d'exécution et l'information judiciaire progresse sur la base de plusieurs infractions graves. Les magistrats investiguent notamment sur les faits suivants :
- Corruption passive et active impliquant un agent public.
- Trafic d'influence passif et actif par ou sur un agent public.
- Prise illégale d'intérêts, souvent désignée par le terme de « pantouflage ».
- Abus d'autorité commis par une personne dépositaire de l'autorité publique.
Il est crucial de noter qu'à ce stade des investigations, aucune mise en examen n'a été prononcée dans ce dossier complexe. Les procédures se poursuivent dans le cadre d'une enquête préliminaire approfondie.
Un contexte politique et économique particulier
Cette affaire intervient à un moment politique charnière, alors que la présidence d'Emmanuel Macron entre dans sa dernière ligne droite. Le rachat d'Alstom par General Electric avait, à l'époque, suscité de vifs débats sur la souveraineté industrielle de la France et la protection de ses fleurons nationaux. L'ouverture de cette information judiciaire relance aujourd'hui les interrogations sur les conditions et les acteurs ayant présidé à cette transaction d'envergure internationale.
Les prochaines étapes de l'enquête du Parquet national financier seront déterminantes pour éclaircir les responsabilités et les éventuels manquements dans ce dossier emblématique du quinquennat de François Hollande, où Emmanuel Macron jouait un rôle ministériel central.



