Le procureur d'Aix-en-Provence demande une enquête contre quatre avocats après le procès F1
Enquête déontologique demandée contre quatre avocats après le procès F1

Le procureur général d'Aix-en-Provence saisit la bâtonnière de Marseille

Près de dix jours après la clôture du procès pour le double assassinat de l'hôtel F1, impliquant des cadres présumés de la DZ Mafia, le procureur général d'Aix-en-Provence, Franck Rastoul, a officiellement demandé une enquête déontologique à l'encontre de quatre avocats de la défense. Cette démarche intervient dans un contexte de tensions persistantes et d'incidents répétés ayant marqué les audiences.

Les avocats visés par la procédure

Les avocats concernés par cette saisine sont Mes Christine D'Arrigo, représentant Gabriel Ory, ainsi qu'Emmanuelle Franck et Karim Morand-Lahouazi, défendant Karim Harrat. Raphaël Chiche, avocat de Walid Bara, est également visé. Franck Rastoul a précisé avoir saisi la bâtonnière de Marseille pour des faits impliquant une avocate de Marseille et les procureurs généraux de Toulouse et de Paris pour les avocats inscrits aux barreaux de ces villes.

Des propos jugés « problématiques » et des incidents à répétition

Le magistrat a souligné que sa démarche ne visait pas à remettre en cause le droit de la défense, mais s'expliquait par la multiplication des incidents durant les trois semaines de procès. « Quand au bout de trois semaines, vous n'avez pas pu attaquer le fond et que vous avez trois semaines d'incidents, je pense qu'en termes de pratiques professionnelles cela interroge », a déclaré Franck Rastoul. Il a également pointé du doigt certains propos tenus en audience, qualifiés de « problématiques ».

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Sollicité par l'AFP, le conseil de l'Ordre des avocats de Paris a indiqué ne pas communiquer sur les réclamations reçues, tandis que la bâtonnière de Marseille n'a pas répondu aux sollicitations. Me Chiche a pour sa part précisé à l'AFP ne pas être au courant d'une procédure à son encontre.

Un procès sous haute sécurité dans une ambiance électrique

Ce procès, qui s'est déroulé sous haute sécurité, a été marqué par une ambiance particulièrement tendue. De nombreux incidents de procédure et des moments de fortes tensions entre les accusés, la cour, les parties civiles et les avocats de la défense ont émaillé les audiences. Six accusés, dont un en cavale, comparaissaient devant la cour spéciale d'assises des Bouches-du-Rhône pour l'assassinat de Farid Tir et de son ami, Mohamed Amine Bendjaghlouli, abattus en août 2019 dans un contexte de narcotrafic.

Verdict et appel du parquet général

Le verdict, rendu avec quatre jours de retard, a abouti à des peines variées. Gabriel Ory, dit « Gaby », un dirigeant présumé de la DZ Mafia, a écopé de vingt-cinq ans de réclusion pour avoir aidé à la préparation du double homicide. Amine Oualane, dit « Mamine », autre cadre présumé de l'organisation criminelle, a été acquitté.

Les commanditaires des meurtres, Karim Harrat et Walid Bara, ce dernier jugé en son absence et arrêté depuis en Espagne, ont été condamnés à vingt-cinq ans de prison. Les exécutants, Zaineddine Ahamada et Adrien Faure, ont respectivement écopé de vingt-cinq ans de réclusion criminelle et de quinze années de prison.

Le parquet général a décidé d'interjeter appel de l'ensemble du verdict, considérant que les peines prononcées étaient inférieures aux réquisitions. Le ministère public avait notamment demandé la réclusion à perpétuité contre trois des accusés.

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