David Daouphars renvoyé en assises pour le double meurtre des époux Muller à Izon
Double meurtre à Izon : Daouphars renvoyé en assises

Un voisin accusé du double meurtre des époux Muller

L'ordonnance de mise en accusation a été rendue par les juges d'instruction de la Gironde. David Daouphars, qui a avoué avoir tué Sylviane et Jean-Claude Muller en décembre 2019 à Izon, est formellement renvoyé devant la cour d'assises pour un double homicide prémédité. L'homme, qui a gardé de nombreux secrets pendant des années, devra désormais s'expliquer devant la justice, probablement vers la fin de l'année 2026.

Un crime sauvage qui remonte à décembre 2019

Cela fera alors sept ans que Sylviane et Jean-Claude Muller auront été découverts à leur domicile d'Izon, à une quinzaine de kilomètres de Libourne, sauvagement tués à coups de couteau. Les deux juges d'instruction en charge de cette affaire particulièrement complexe ont ordonné, fin janvier 2026, la mise en accusation de David Daouphars qui devra répondre d'un double assassinat. Conformément au réquisitoire définitif, les magistrats ont écarté les faits de viol commis post mortem avec un baby phone sur Sylviane Muller.

Les faits remontent précisément à la nuit du 14 au 15 décembre 2019. Jean-Claude Muller, 58 ans, et son épouse Sylviane, 50 ans, sont agressés à l'arme blanche dans leur maison. Une vingtaine de coups de lame, dont une dizaine dans la région du cœur pour lui. Quarante-trois plaies et la poitrine lacérée pour son épouse. Pendant quatre longues années, David Daouphars, le voisin qui habitait en face, de l'autre côté de la rue, passe sous les radars des enquêteurs de la gendarmerie.

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L'ADN révèle la vérité

Le lendemain du drame, il témoigne au journal télévisé de France 3 Aquitaine et déclare : « C'est le choc, bah, c'est le choc parce que, bon, on ne mangeait pas ensemble mais on se connaissait quand même un peu, ça fait tout bizarre. » Quelques jours plus tard, il assiste aux obsèques du couple et ne laisse rien paraître de ses actes.

Il faut attendre octobre 2023 pour que les cellules épithéliales retrouvées sous les ongles de la main gauche de Sylviane Muller parlent enfin. L'analyse effectuée par le laboratoire d'hématologie médico-légale du professeur Christian Doutremepuich à Bordeaux correspond parfaitement avec le prélèvement ADN réalisé sur David Daouphars en décembre 2019.

Placé en garde à vue, le meurtrier présumé avoue finalement et dit « avoir merdé ». Il explique avoir noué une relation avec Sylviane et pensait la trouver seule dans sa chambre « pour avoir des câlins et, pourquoi pas, un rapport ». Il dit s'être défendu et avoir « d'abord planté Jean-Claude » avec un couteau qu'il avait dans la poche de son pantalon de travail. Il est ensuite resté quatre ou cinq heures sur les lieux, prenant soin de nettoyer la scène de crime avec une serpillière, avant de s'assoupir.

Une procédure judiciaire particulièrement longue

Depuis le début, David Daouphars conteste avoir prémédité son geste. Une thèse qui sera soutenue lors du procès. « Nous en débattrons devant la cour d'assises », confirme Me Anne-Charlotte Moulins, son avocate, associée pour la défense à Me Clémence Michaud.

Les juges d'instruction estiment quant à eux que, « l'heure et le mode d'introduction dans le domicile des victimes constituent un élément à charge quant à la préméditation [...] et qu'en toute hypothèse, le fait de rester sur place et vouloir effacer les traces est le signe, même a posteriori, d'un état d'esprit réfléchi et méthodique relevant davantage d'un projet global planifié que du mouvement d'impulsion ».

« Cette procédure a été très longue et éprouvante pour les parties civiles, confie Me Arnaud Dupin, avocat aux côtés de Me Benoît Ducos-Ader, des filles du couple Muller, Margaux et Natacha. Il va falloir maintenant que David Daouphars assume et soit en capacité de donner des explications claires sur ce crime terrifiant qui a une dimension sexuelle. »

Placé en détention provisoire depuis le 15 novembre 2023, David Daouphars, 56 ans, encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour ce double meurtre qui a traumatisé la commune d'Izon et ses habitants.

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