Dossier Epstein : Six noms caviardés sans explication par le ministère de la Justice américain
Une nouvelle zone d'ombre émerge dans le dossier politiquement explosif de Jeffrey Epstein. Des élus américains ont dénoncé, lundi 9 février 2026, que les noms de six hommes aient été occultés sans explication par le ministère de la Justice dans les documents relatifs au criminel sexuel. Cette révélation intervient alors que plusieurs parlementaires des deux grands partis américains ont commencé à consulter les versions non caviardées du dossier, suite à une lettre du ministère les informant de cette possibilité sur place via ordinateur.
Des parlementaires s'inquiètent des caviardages injustifiés
Parmi les élus ayant examiné les documents figurent les deux coauteurs de la loi de transparence sur l'affaire Epstein, le républicain Thomas Massie et le démocrate Ro Khanna, tous deux membres de la Chambre des représentants. Thomas Massie a déclaré aux journalistes à la sortie du ministère : "Ce qui m'a posé problème est que les noms d'au moins six hommes ont été caviardés alors qu'ils sont probablement impliqués du fait de leur inclusion dans ces documents." Ro Khanna a précisé : "Il y a six hommes, certains avec leur photo, dont les noms ont été caviardés, sans explication de pourquoi ils l'ont été."
Une personnalité étrangère éminente concernée
Les deux parlementaires ont refusé de révéler l'identité de ces six hommes, mais Thomas Massie a indiqué que l'un d'eux est "assez haut placé dans un gouvernement étranger", tandis que Ro Khanna a évoqué "une personnalité assez éminente" parmi les cinq autres. La loi autorise des caviardages dans des conditions strictes, principalement pour protéger l'intimité des victimes, mais elle interdit expressément toute rétention de documents pour éviter des torts à des responsables gouvernementaux, personnalités publiques ou dignitaires étrangers, ou en raison de leur caractère politiquement sensible.
Ro Khanna s'est étonné qu'une bonne partie des documents consultés par les parlementaires restent caviardés, expliquant que cela est dû au fait que les documents fournis au ministère de la Justice par le FBI ou les grands jurys étaient déjà dans cet état. Thomas Massie a affirmé : "Nous devons donner au ministère de la Justice une chance de revoir sa copie et de corriger ses erreurs. Ils doivent réviser leur propre copie ou la faire vérifier par quelqu'un d'autre."
Aucune poursuite supplémentaire possible
Le numéro deux du ministère de la Justice, Todd Blanche, avait prévenu dès le 30 janvier qu'aucune poursuite supplémentaire n'était possible avec la masse de nouveaux documents, bien que la simple mention d'un nom ne suppose aucun acte répréhensible a priori. De nombreuses personnalités redoutent les répercussions des révélations sur leurs liens passés avec Epstein. Le 30 janvier, plus de trois millions de pages partiellement caviardées ont été publiées par le ministère, affirmant ainsi que l'administration Trump s'était acquittée de son obligation de transparence imposée par une loi du Congrès adoptée en novembre 2025.
Cette affaire continue de soulever des questions cruciales sur la transparence et la justice, alors que des élus appellent à des révisions pour garantir l'intégrité des procédures.