Crise à l'École alsacienne : l'ancien directeur saisit les prud'hommes
Crise à l'École alsacienne : l'ex-directeur aux prud'hommes

La façade de l'École alsacienne, située dans le 6e arrondissement de Paris, reste le théâtre silencieux d'une tempête interne qui secoue cet établissement prestigieux depuis près de trois mois. Ce conflit, initialement confiné aux murs de l'école, a désormais migré vers le terrain judiciaire, marquant une escalade significative dans cette affaire qui divise profondément la communauté éducative.

Une procédure judiciaire en cours

Pierre de Panafieu, directeur historique de l'École alsacienne pendant vingt-cinq années consécutives, a été notifié de son licenciement immédiat le 5 février 2024. Réagissant à cette décision qu'il conteste fermement, il a déposé un référé auprès du conseil des prud'hommes de Paris le lundi 9 février. L'objectif de cette démarche juridique est clair : obtenir la suspension de son licenciement, qu'il estime injustifié et précipité.

La juridiction prud'homale doit rendre sa décision sur ce référé le mardi 10 février dans l'après-midi. Ce jugement en urgence pourrait avoir des conséquences immédiates sur la gouvernance de l'établissement et calmer, ou au contraire attiser, les tensions qui l'agitent.

Une succession qui tourne au conflit

La crise trouve son origine dans le processus de succession de Pierre de Panafieu, qui devait initialement partir en retraite en 2027. Un tuilage progressif avec son successeur était prévu, mais les événements ont pris une tournure inattendue. Le 15 novembre 2025, le conseil d'administration de l'école a choisi Nicolas L'Hotellier, actuellement proviseur du lycée Condorcet de Sydney, comme prochain directeur.

Cette décision a provoqué des remous d'une ampleur inédite dans l'histoire de cette école laïque privée sous contrat, qui accueille 1 850 élèves de la maternelle à la terminale. La communauté éducative s'est fracturée en deux camps distincts : les partisans de Pierre de Panafieu, qui défendent son héritage et sa vision, et ceux qui soutiennent le conseil d'administration et son choix de successeur.

Une école au cœur des réseaux parisiens

L'intensité du conflit s'explique en partie par le profil particulier de l'École alsacienne et de son réseau d'anciens élèves. Nombre d'entre eux, qui peuvent également être parents ou grands-parents d'élèves actuels, évoluent dans les cercles politiques, médiatiques et culturels parisiens les plus influents.

Chaque camp mobilise ainsi des réseaux conséquents, transformant ce qui aurait pu rester un différend interne en une affaire aux répercussions plus larges. Cette dimension sociale ajoute une couche de complexité à la crise, car les positions prises dépassent souvent le simple cadre éducatif pour toucher à des affiliations et des loyautés plus anciennes.

L'issue de la procédure aux prud'hommes et la manière dont l'établissement gérera la transition à venir seront donc scrutées avec attention, non seulement par la communauté scolaire immédiate, mais aussi par un réseau d'anciens particulièrement actif et concerné par l'avenir de cette institution parisienne emblématique.