Le Crif exige des lois plus fermes contre l'antisémitisme et fustige LFI
Crif : lois plus fermes contre l'antisémitisme, critique LFI

Le président du Crif plaide pour un renforcement législatif face à la montée de l'antisémitisme

Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a lancé un appel pressant jeudi soir pour un durcissement des mesures législatives dans la lutte contre l'antisémitisme. Lors du 40e dîner annuel du Crif à Paris, devant un millier d'invités dont plusieurs membres du gouvernement et le ministre Sébastien Lecornu, il a affirmé avec force : « La France a besoin que la justice mette plus souvent des mots sur la haine, même quand elle se propage en silence ».

Une proposition de loi controversée au cœur des débats

Évoquant spécifiquement la proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan, qui élargit le délit d'apologie du terrorisme et crée un nouveau délit de négation d'un État, Yonathan Arfi a défendu ce texte avec conviction. Il a estimé que cette initiative « ne réduira en rien la liberté d'expression », contredisant ainsi les opposants qui y voient une tentative de restreindre les critiques envers la politique israélienne de Benjamin Netanyahou.

Le président du Crif a également salué avec enthousiasme la proposition du président Emmanuel Macron de rendre inéligibles les auteurs d'actes et de propos racistes ou antisémites. Dans un moment particulièrement percutant de son discours, il s'est adressé directement à plusieurs personnalités politiques : « Rima Hassan, Aymeric Caron, David Guiraud, Thomas Portes, tôt ou tard, vous serez rattrapés par la justice ! ».

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Des accusations sévères contre La France Insoumise

Dans un long développement, Yonathan Arfi s'est particulièrement attaqué à La France Insoumise, qu'il a décrit en des termes extrêmement durs. Selon lui, LFI « représente un danger existentiel pour les Français juifs », allant jusqu'à qualifier le mouvement de « parti factieux » et de « secte politique dangereuse pour la République ».

Faisant référence au tragique décès de Quentin Deranque à Lyon, il a ajouté avec gravité : « La mort de Quentin Deranque doit servir aujourd'hui d'électrochoc : l'angélisme face à la violence de LFI doit cesser ». À l'approche des élections municipales, M. Arfi a lancé un appel clair au Parti socialiste et à ce qu'il nomme « la gauche responsable », les exhortant à « rompre clairement, définitivement, avec LFI ».

Critiques étendues à la CGT et inquiétudes sur la reconnaissance palestinienne

Les critiques du président du Crif se sont également portées vers la Confédération générale du travail. Il a accusé la CGT de s'être opposée à la tenue d'un concert de l'Orchestre philharmonique d'Israël à Paris, déclarant avec amertume : « À la CGT on ne fait jamais la grève de la haine d'Israël ».

Alors qu'il saluait par ailleurs « l'engagement sincère du gouvernement contre l'antisémitisme », Yonathan Arfi a exprimé des réserves concernant la reconnaissance prématurée d'un État palestinien par la France en septembre dernier. Il s'est interrogé avec préoccupation : « qu'est-ce que la France a gagné avec cette reconnaissance prématurée ? ».

Déplorant ce qu'il appelle une « assignation permanente à la guerre à Gaza », le président du Crif s'est aussi alarmé de la persistance d'« un antisémitisme d'atmosphère » et du niveau particulièrement élevé des actes antisémites recensés. Les chiffres qu'il a présentés sont éloquents : 1 320 actes antisémites ont été enregistrés en 2025, confirmant une tendance inquiétante qui justifie selon lui des mesures législatives plus strictes et une vigilance accrue de toute la société française.

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