Une tentative d'intrusion à l'hôpital déclenche une course-poursuite de 45 minutes
Les forces de l'ordre ont été mobilisées pour une intervention exceptionnelle au Grau-du-Roi. Un individu de 36 ans, identifié sous le nom de Djassen, a tenté de s'introduire dans l'hôpital de la commune, déclenchant une série d'événements qui ont duré près de trois quarts d'heure.
Un début d'intervention mouvementé
Le 9 février dernier, les policiers municipaux du Grau-du-Roi ont reçu un appel urgent du service de sécurité de l'hôpital local. Un homme décrit comme "virulent qui sème le trouble" tentait de pénétrer dans l'établissement malgré une interdiction formelle de visite. Dans sa détermination, l'individu a même essayé de s'introduire par une fenêtre avant de retourner précipitamment à son véhicule.
Lorsque les forces de l'ordre sont arrivées sur place, le suspect a immédiatement pris la fuite, déclenchant une poursuite qui allait durer plus de 45 minutes. "Au départ je n'ai pas compris que c'était pour moi", a-t-il déclaré lors de son audition, une explication qui contraste avec la gravité des faits.
Une course-poursuite aux multiples infractions
La fuite du prévenu a été marquée par une série impressionnante d'infractions. Jérôme Reynes, président du tribunal judiciaire de Nîmes, a souligné lors de l'audience du 11 janvier que l'homme avait effectué "des prises de risque insensées" pendant toute la durée de la poursuite.
Les délits reprochés sont nombreux :
- Délit de fuite
- Mise en danger des forces de l'ordre et des automobilistes
- Circulation en sens interdit
- Violences sur agents
- Tentative d'évasion
La course-poursuite a pris fin lorsque le véhicule du suspect, après avoir accroché plusieurs voitures, a perdu le contrôle et s'est encastré dans le parapet du rond-point du Seaquarium. Les tests ont révélé que le conducteur était positif aux stupéfiants.
Une nouvelle tentative d'évasion
L'histoire aurait pu s'arrêter là, mais le trentenaire a tenté une nouvelle évasion alors que les gendarmes le conduisaient à l'hôpital pour vérifier son état. "Je ne voyais pas ça comme une évasion", a-t-il tenté de justifier, avant de reconnaître avoir arraché une menotte et essayé de s'enfuir.
Lors de cette seconde tentative, un gendarme a été blessé avant que le prévenu ne soit finalement maîtrisé. Ces événements successifs ont été qualifiés de "extrêmement graves" par le président du tribunal.
Des justifications jugées insuffisantes
Face à ces accusations, Djassen a invoqué un "état de choc" lié à la situation médicale de son épouse. "Le fait que ma femme doit se faire couper le pied, que je ne pouvais plus la voir, j'ai paniqué", a-t-il expliqué, ajoutant : "Je suis désolé. Je paierai les préjudices".
Ces excuses n'ont pas convaincu les parties civiles. Me Jean-François Corral, représentant la commune du Grau-du-Roi ainsi que les forces de l'ordre impliquées, a martelé : "Il n'y a que dans les films que les flics prennent du plaisir à faire une course-poursuite". Pour lui, la "légèreté" des justifications du prévenu constitue un affront face aux risques quotidiens encourus par les forces de l'ordre.
Une condamnation sévère
Le procureur Stéphane Bertrand a souligné que "ces refus sont une plaie pour notre société", rappelant d'autres affaires dramatiques de délit de fuite. Il a requis une peine de 4,6 ans de prison avec mandat de dépôt, la révocation du sursis, des amendes totalisant 1 500 euros et la confiscation du véhicule.
Malgré la défense assurée par Me Sarah Khrof, qui contestait les faits de violences sur les gendarmes et plaidait pour une peine mixte, le tribunal a finalement condamné Djassen à :
- 5 ans de prison au total avec révocation du sursis
- Plus de 1 000 euros d'amende
- Interdiction de repasser le permis de conduire pendant un an
- Obligation d'indemniser les victimes
Le mandat de dépôt ayant été prononcé, le prévenu a été immédiatement reconduit en prison. Cette affaire met en lumière les dangers auxquels sont confrontées les forces de l'ordre lors des refus d'obtempérer, un phénomène que le procureur qualifie de véritable "plaie sociale".



