Le 8 juillet 2026, la cour d'appel de Paris a confirmé la condamnation de Marine Le Pen pour détournement de fonds publics, une décision qui pourrait compromettre sa candidature à l'élection présidentielle de 2027. Si la peine d'inéligibilité n'a pas été alourdie, le risque juridique demeure, selon plusieurs constitutionnalistes.
Une condamnation confirmée en appel
Marine Le Pen a été reconnue coupable d'avoir utilisé des fonds du Parlement européen pour rémunérer des assistants travaillant pour le parti. La cour d'appel a confirmé la peine de quatre ans de prison, dont deux ferme, et une inéligibilité de cinq ans. Cette dernière peine, si elle devenait définitive, empêcherait Marine Le Pen de se présenter à la présidentielle de 2027.
L'avocat de Marine Le Pen, Me Rodolphe Bosselut, a annoncé son intention de se pourvoir en cassation. « Nous allons contester cette décision devant la Cour de cassation, car nous estimons que la peine d'inéligibilité est disproportionnée », a-t-il déclaré.
Le risque d'une inéligibilité définitive
Si la Cour de cassation confirmait la condamnation, Marine Le Pen serait inéligible pour cinq ans, ce qui la rendrait indisponible pour l'élection présidentielle de 2027. Toutefois, le délai de traitement de la Cour de cassation pourrait repousser la décision après le scrutin. « Il est possible que la Cour de cassation statue après avril 2027, ce qui laisserait Marine Le Pen candidate potentielle », explique le constitutionnaliste Benjamin Morel.
Mais le risque est réel : si la décision intervient avant l'élection, Marine Le Pen pourrait être déclarée inéligible et ne pas pouvoir se présenter. « La loi prévoit que l'inéligibilité s'applique immédiatement, même si un pourvoi est en cours », précise l'avocat pénaliste Pierre-Olivier Sur.
La stratégie politique de Marine Le Pen
Marine Le Pen a immédiatement dénoncé une « décision politique » et a appelé ses soutiens à se mobiliser. « Je suis la cible d'une justice partiale qui veut m'empêcher de me présenter. Mais je ne renoncerai pas », a-t-elle affirmé lors d'un meeting.
Le Rassemblement national a lancé une pétition en ligne pour demander une réforme de la justice. Selon un sondage Ifop réalisé après l'annonce, 62 % des sympathisants RN estiment que Marine Le Pen devrait être candidate malgré la condamnation. « Elle est notre seule chance de gagner en 2027 », a déclaré un cadre du parti.
Les conséquences pour la présidentielle
Si Marine Le Pen ne pouvait se présenter, le Rassemblement national devrait trouver un autre candidat. Jordan Bardella, actuel président du parti, est le successeur naturel. « Je suis prêt à prendre le relais si nécessaire », a-t-il indiqué.
La décision de la Cour de cassation est attendue dans les 18 à 24 mois, soit au plus tard début 2028. Si la condamnation est confirmée après la présidentielle, Marine Le Pen pourrait néanmoins être élue et ensuite destituée. « C'est un scénario improbable mais juridiquement possible », note le professeur de droit public Jean-Philippe Derosier.
En attendant, Marine Le Pen continue sa campagne, espérant que la justice tranche en sa faveur. Mais l'épée de Damoclès de l'inéligibilité plane sur sa candidature.



