Un homme condamné à Bayonne pour violences ignobles sur sa compagne handicapée
Un homme de 35 ans, de nationalité brésilienne, a été condamné à deux ans de prison ferme par le tribunal judiciaire de Bayonne pour des violences conjugales habituelles commises en récidive. Les faits se sont déroulés entre octobre et décembre 2025 à Anglet, où l'individu a systématiquement agressé sa compagne en situation de handicap.
Des violences particulièrement abjectes
La victime, qui se déplace en fauteuil roulant et est reconnue comme personne vulnérable, a subi des sévices d'une rare violence. L'homme lui jetait régulièrement des objets et des meubles, allant jusqu'à la faire tomber de son fauteuil en le basculant intentionnellement. « Il n'y a rien de pire, de plus dénigrant et dégradant pour une personne en situation de handicap », a déclaré son avocat, Me Maxime Estremar-Ibor, qualifiant les faits « d'abjects et atroces ».
Lors des auditions, la victime a relaté des épisodes particulièrement traumatisants :
- L'agresseur l'a saisie par la gorge pour la soulever de son fauteuil
- Il lui a jeté un torchon imbibé de désinfectant à la figure
- Il l'a frappée à l'œil avec un biberon
Une victime sous emprise
Malgré la gravité des violences, la victime n'avait pas déposé plainte. Son avocat estime qu'elle était « toujours sous son emprise ». C'est un riverain, témoin d'une scène de violence, qui a alerté les autorités. Le centre hospitalier de la Côte basque avait également effectué un signalement concernant cette situation alarmante.
Un contexte familial dramatique
Le couple a deux enfants âgés de 8 ans et 4 mois, qui sont suivis par une assistance éducative. Certaines violences ont été commises en leur présence, ajoutant une dimension traumatique supplémentaire à ce drame familial. L'homme, qui ne travaille pas et perçoit le RSA, consommait régulièrement du cannabis, de la cocaïne et de l'alcool en quantité importante.
Des propos choquants lors des auditions
Le procureur Jean-François Dobeli s'est dit « stupéfait » à la lecture des déclarations du prévenu, qui a notamment affirmé : « Cela ne fait même pas un an que je la bats à nouveau. La fois où je lui ai mis un coup de tête, c'était uniquement par méchanceté. D'habitude, je l'insulte de mongole ou de débile. Je l'ai traitée d'handicapée qu'une seule fois ».
Le magistrat a requis trois ans de prison, dont douze mois avec sursis, estimant qu'il s'agissait d'« un homme dangereux, qui n'a aucune considération pour l'espèce humaine ».
La défense évoque des troubles psychiatriques
L'avocat du prévenu, Me Nouhou Diallo, a mis en avant les difficultés psychiatriques de son client, soulignant que « ses propos aux auditions étaient totalement incohérents, il les a tenus dans un moment de délire complet ». L'expert judiciaire aurait noté une altération du discernement. L'avocat a plaidé pour une hospitalisation plutôt qu'une incarcération, évoquant le décès de la sœur de son client et un talent de footballeur « gâché ».
La décision du tribunal
Le tribunal a finalement condamné l'homme à trente mois de prison, dont six mois avec sursis. Le jugement comprend également une obligation de soin et une interdiction stricte d'entrer en contact avec la victime. Cette condamnation intervient alors qu'il s'agissait déjà de la deuxième comparution de l'individu pour des violences sur la même compagne, mettant en lumière un parcours judiciaire marqué par la récidive.



