Un convoyeur écossais condamné à Pau pour trafic de cannabis
Le tribunal correctionnel de Pau a condamné ce jeudi 19 février Garry Gilbert, un Britannique de 53 ans, à 18 mois de prison ferme et dix ans d'interdiction du territoire français. Le convoyeur, arrêté par la douane à Oloron-Sainte-Marie le 14 février, transportait 119,4 kilos d'herbe et de résine de cannabis dissimulés dans des meubles de jardin.
Une attitude impassible face à la justice
Avec un calme remarquable, voire du flegme, Garry Gilbert a suivi l'intégralité de son procès sans manifester d'émotion particulière. De la présentation des faits qualifiés de « simples » par le président du tribunal Jean-Pierre Boucher, jusqu'à l'annonce de sa condamnation, l'Écossais au style streetwear onéreux est resté impassible. Même l'amende douanière de 219 000 euros, correspondant à la valeur de la marchandise saisie, n'a provoqué aucun rictus sur son visage.
Le parcours d'un convoyeur atypique
Le trajet de Garry Gilbert a débuté à Catral, près d'Alicante en Espagne, avec pour destination finale Portsmouth en Angleterre. Contrôlé au volant de son van Volkswagen immatriculé au Royaume-Uni, le quinquagénaire transportait dans son véhicule plusieurs sachets thermosoudés contenant du cannabis, dissimulés dans des meubles de jardin cellophanés. Placé en retenue douanière puis en garde à vue, il n'a jamais nié les faits qui lui étaient reprochés.
Une dette de jeu comme justification
À la barre, Garry Gilbert a justifié son acte par une dette de jeu de 20 000 euros contractée auprès d'un certain « Andy » rencontré dans les casinos espagnols. Le convoyeur, qui se décrit comme un « gambler » depuis l'enfance, affirme jouer « aux chevaux, aux chiens, aux cartes, au casino et au black jack ». Cette addiction aurait eu des conséquences désastreuses sur sa vie professionnelle et familiale.
Face à une dette qui grossissait avec les intérêts, Garry Gilbert dit s'être retrouvé devant trois options : « apurer la dette, transporter du cannabis, ou ne plus pouvoir retourner en Grande-Bretagne ». Il a choisi la deuxième solution, en cohérence avec son activité professionnelle d'accompagnateur et déménageur pour des compatriotes britanniques souhaitant quitter le Royaume-Uni pour le continent européen.
Un profil familial et professionnel complexe
Père de deux filles et conjoint d'une femme « lourdement handicapée » qu'il aide « presque au quotidien », Garry Gilbert déclare travailler seulement une semaine par mois pour un revenu net de 2 000 euros. Son avocate, Me Coralie Missonnier, a tenu à préciser que « rien dans son téléphone ne le lie aux stupéfiants », cherchant ainsi à balayer les « zones d'ombre du dossier » évoquées par l'agent poursuivant de la douane.
Les arguments de la défense
L'avocate de la défense n'a pas « été longue sur les faits » mais a plaidé pour une réduction de la peine. Face aux « deux ans de prison ferme » requis par la représentante du Ministère public Marion Méfiant, qui estimait que « rien ne peut justifier les infractions commises », Me Missonnier a argué que « la prison poursuit d'autres objectifs, comme la réinsertion sociale ». Elle a notamment souligné que son client « n'a pas vocation à faire sa vie en France ».
Malgré ces arguments, le tribunal a maintenu la peine de 18 mois de prison ferme, auxquels s'ajoutent l'interdiction du territoire français pour dix ans et l'amende douanière de 219 000 euros. Une condamnation qui semble glisser sur le convoyeur écossais, dont l'attitude détachée a marqué l'ensemble des audiences.



