Camping à Comps : la municipalité condamnée pour non-respect des délais
Camping à Comps : la municipalité condamnée

Dans la guerre des campings à Comps-sur-Artuby, une victoire judiciaire vient d'être remportée par le camping privé Humawaka. Fin mars, le tribunal administratif de Toulon a annulé une décision de la municipalité qui contestait l'installation d'une piscine enterrée de 28 m² sur le terrain du camping. La mairie avait jugé les travaux non conformes en février 2023 et rejeté le recours gracieux, mais la justice a estimé que la décision avait été prise hors délai légal. En conséquence, la commune a été condamnée à verser 2 000 euros au camping privé, une somme jugée non négligeable par l'avocat des gérants, Me Ismaël Toumi, dans une commune de 350 habitants.

Un acharnement municipal dénoncé

Pour les propriétaires du camping Humawaka, cette affaire n'est qu'un épisode d'un conflit plus large. Par la voix de leur conseil, ils dénoncent un acharnement de la part du maire, Alain Barale, qui enchaînerait les défaites devant le tribunal administratif tout en continuant à attaquer le couple de gérants, leurs seuls concurrents. Un autre contentieux oppose actuellement les deux parties : la desserte en eau du camping privé pour la protection incendie. Les époux Langlois reprochent à la mairie de ne pas assurer le service nécessaire sur le poteau incendie (RIA rouge) et invoquent un danger potentiel alors que la saison estivale démarre.

Visite inopinée et propositions alternatives

Début mai, le maire et les services de l'État ont effectué une visite inopinée au camping. Selon l'avocat des gérants, il leur a été demandé d'installer une citerne d'eau plutôt que de réclamer des travaux jugés trop coûteux pour la Ville. L'avocat réfute cette proposition, soulignant que la mairie se défend dans le procès en arguant du coût des travaux, alors qu'il s'agit simplement de remettre en service un poteau incendie non entretenu depuis dix ans. Par ailleurs, le maire aurait investi plus de 300 000 euros dans le camping municipal, ce qui contraste avec le refus d'entretenir le poteau incendie du camping privé.

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La position du maire

Le maire, Alain Barale, reconnaît que la décision de non-conformité concernant la piscine est tombée hors délais, mais il réfute toute velléité contre l'établissement. Il explique que les dossiers d'urbanisme sont instruits par les services de DPVa et que la mairie s'est contentée de suivre leur décision. Concernant la protection incendie, il indique que sa visite avec le préfet s'inscrivait dans le cadre du suivi global de la défense incendie sur la commune. Il précise que les anciens poteaux incendie ne sont plus adaptés aux normes actuelles et que leur remise en conformité coûterait entre 2 et 3 millions d'euros, en raison du dimensionnement insuffisant des tuyaux. La commune a donc opté pour l'installation de citernes, dont une troisième est en attente d'homologation par les pompiers du Sdis, ce qui devrait couvrir la quasi-totalité du territoire.

Ce feuilleton judiciaire est loin d'être terminé, et les prochains épisodes s'annoncent tout aussi mouvementés.

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