Un détenu a demandé à être remis en liberté jusqu'à son jugement prévu début mai. Polytoxicomane et instable psychologiquement, il est poursuivi pour de nombreux vols, des violences avec arme et des menaces de mort. Avant l'arrivée du prévenu dans le box, l'escorte pénitentiaire avait déjà donné le ton : « Il est difficile à gérer alors, dès qu'il vous aura été présenté, il faudra suspendre l'audience pour le ramener en détention. »
Ce prévenu semble en effet une pile électrique, parfois surexcité, parfois à bout de souffle. Il avait déjà été présenté le 19 mars devant le tribunal de Béziers pour des faits de vols avec violence, de vols dans des habitations, de violences avec une arme et de menaces de mort, mais il avait demandé le renvoi de son jugement pour préparer sa défense, comme le permet la procédure dans le cadre d'une comparution immédiate.
« Je dors par terre »
« Non, ça ne va pas. Je ne supporte pas la prison. Je dors par terre, il y a des cafards. Non, ça ne va pas », s'emballe-t-il. « Il faut que je sorte. Je reviendrai pour être jugé. Il faut que je sorte. » Ce jeudi 23 avril, il est venu demander au tribunal de Béziers de le remettre en liberté en attendant son jugement, prévu depuis le mois de mars, le 7 mai prochain. Il est confus, mais avec un débit de parole impressionnant. « Non, ça ne va pas, du coup je prends de tout, de la coke, de l'héroïne, du cannabis. Je souhaite quitter la France. Je ne peux pas vivre en prison. Je veux partir et vous n'entendrez plus parler de moi. »
Une altération du discernement
Une expertise psychiatrique a permis de déceler chez lui une schizophrénie sévère, à tel point que l'expert a jugé qu'il souffrait d'une altération de son discernement. Pour le représentant du ministère public, le procureur de la République Arnaud Faugère : « Il y a des risques de réitération des faits. En détention, il suit un traitement. Dès qu'il sort, c'est un polytoxicomane. Il a un profil inquiétant et il a beaucoup de mal avec la contrainte. Je ne suis pas certain qu'il restera à la disposition de la justice. Je requiers le maintien en détention jusqu'au jugement. »
« Sa place n'est pas en détention, insiste l'avocate du prévenu. Il doit être pris en charge dans une unité spécialisée. Il peut malgré tout se plier à des contraintes, et cela même s'il n'est pas en détention. Il peut suivre un contrôle judiciaire strict. » Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet, ordonnant le maintien en détention.



