La défense d'Anthony Barotin, jugé pour le double assassinat de ses beaux-parents à Tourves, a fait citer ce mardi 29 septembre la magistrate ayant dirigé la fin de l'instruction. Objectif : souligner des manquements dans l'enquête après le revirement de l'accusé.
Une juge d'instruction à la barre, une première
Stéphanie Jacob, qui a mené une partie des investigations dans le double assassinat des époux Lauro commis le 2 juillet 2021, est arrivée dans la salle Ivan-Auriel en fin d'après-midi, à la demande des avocats de la défense. Selon Stéphanie Pisu, greffière historique de la cour d'assises du Var à Draguignan, c'est une première en 23 ans de carrière : une juge d'instruction appelée à déposer sur sa propre enquête.
« Je n'ai rien à dire. J'ai été citée, je me présente », a lancé la magistrate, renvoyant l'avocat de la défense, Me Philippe Capsié, à l'ordonnance de mise en accusation.
Le revirement d'Anthony Barotin
Stéphanie Jacob a été la dernière des quatre magistrats en charge de l'instruction. C'est elle qui a traité le revirement du mis en cause : deux ans après des aveux circonstanciés en garde à vue, Anthony Barotin a affirmé avoir été contraint d'accompagner deux hommes chez ses beaux-parents pour un cambriolage, avant de dire qu'il avait été forcé de tirer une fois sur Patrick Lauro.
« Quand Anthony Barotin est revenu sur ses aveux et a mis en cause Johan D., associé et ami de Patrick Lauro, comme commanditaire, cela n'a pas suscité de curiosité chez vous », a regretté Me Capsié. « Des investigations complémentaires ont été faites sur ce point. Je mène l'instruction comme j'ai envie de la mener », a répondu la juge.
Une seconde version « moins vérifiable »
L'adjudant-chef de la section de recherche de Marseille, en charge de l'enquête, a défendu la version initiale : « Nous avons un mobile, une arme du crime, un suspect qui connaît les lieux. Anthony Barotin a donné des détails sur le déroulement des faits qui ont tous été corroborés par nos constatations. »
En revanche, dans sa seconde version, « beaucoup moins d'éléments sont vérifiables ». Aucun bornage téléphonique en commun avec Johan D. n'a été relevé, et aucun élément matériel n'implique la présence d'autres personnes sur la scène de crime. Stéphanie Jacob a acquis la conviction qu'Anthony Barotin devait être renvoyé seul devant une cour d'assises, décision confirmée par la chambre de l'instruction.