Affaire des Anges de la rue : le fondateur et son fils condamnés à de la prison ferme
Anges de la rue : fondateur et fils condamnés à la prison

Affaire des Anges de la rue : condamnations sévères pour le fondateur et son fils

Ce lundi 16 février 2026, le tribunal correctionnel de Montpellier a rendu son verdict dans l'affaire des Anges de la rue, une association basée à Gigean dans l'Hérault. Le fondateur Robert Massaré, âgé de 72 ans, a été condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis probatoire, pour une série d'infractions graves commises entre 2019 et 2022.

Des accusations multiples et graves

Robert Massaré était poursuivi pour atteintes à la dignité des sans-abri, notamment concernant les conditions d'hébergement, ainsi que pour services non rétribués au préjudice de personnes vulnérables, travail dissimulé et blanchiment d'argent. L'association, qui se présentait comme solidaire et vendait à bas prix des paniers alimentaires provenant de dons aux personnes démunies, était en réalité impliquée dans des pratiques illégales.

La peine prononcée contre Robert Massaré est inférieure aux réquisitions du parquet, qui demandait six ans de prison dont un avec sursis. Cependant, le tribunal a ordonné l'exécution immédiate de la partie ferme de la peine avec un mandat de dépôt provisoire, ce qui signifie que le septuagénaire sera incarcéré sans délai.

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Condamnations supplémentaires et fermeture définitive

En plus de la peine de prison, Robert Massaré a été condamné à :

  • Une interdiction définitive de gérer toute structure
  • Une interdiction permanente d'exercer une fonction dans l'action sociale ou humanitaire
  • L'obligation d'indemniser les parties civiles

Son fils, Eddy Massaré, a quant à lui écopé de trois ans de prison dont deux avec sursis pour travail dissimulé et maltraitance animale. Il avait employé des bénévoles de l'association dans son élevage canin. L'année ferme de sa peine sera exécutée à domicile sous surveillance électronique.

L'association condamnée à disparaître

L'association Les Anges de la rue, poursuivie en tant que personne morale, a été reconnue coupable des mêmes faits que son fondateur, à l'exception du blanchiment. Le tribunal a prononcé :

  1. Une amende de 3 000 euros
  2. La fermeture définitive de l'établissement
  3. L'obligation d'afficher publiquement cette décision pendant plusieurs semaines

Les locaux de l'association à Gigean devront donc être définitivement fermés, mettant un terme aux activités de cette structure qui opérait initialement depuis Sète.

Reconnaissance des préjudices subis

Le tribunal a reconnu les préjudices subis par les parties civiles, notamment :

  • Fanny, fille de Marie-France (une Sétoise de 62 ans décédée depuis), qui a obtenu un euro symbolique
  • La Fondation 30 millions d'amis, qui recevra 1 500 euros de dommages et intérêts

Les condamnés devront également rembourser les sommes non déclarées à l'Urssaf, évaluées à environ 50 000 euros lors de l'audience du 19 janvier dernier. Le montant exact sera déterminé lors d'une prochaine audience sur l'intérêt civil.

Une décision jugée à la hauteur

À l'issue du délibéré, les parties civiles se sont déclarées satisfaites des décisions. "Elles sont à la hauteur de la gravité des faits", a indiqué Me Flavie Baumelou, avocate de Fanny et de sa mère. "Elles sont surtout rassurées de savoir que des interdictions d'exercer toute activité sociale ou humanitaire ont été prononcées avec exécution provisoire, le tribunal ayant bien mesuré la nécessité de faire cesser ces agissements en urgence."

Robert Massaré et son fils Eddy, qui se défendaient sans avocat, disposent de dix jours pour faire appel de cette décision. Cette affaire met en lumière les dérives possibles dans le secteur associatif et l'importance du contrôle des structures se présentant comme solidaires.

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