Un ancien sympathisant de Daech condamné pour violation d'assignation à résidence
Ancien sympathisant Daech condamné pour violation d'assignation

Un ancien sympathisant de Daech condamné pour violation d'assignation à résidence

Un jeune homme de 21 ans, précédemment condamné pour apologie du terrorisme, a comparu en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Bordeaux ce vendredi 13 février. Il était accusé d'avoir violé une mesure de contrôle administratif qui lui interdisait de quitter sa commune de résidence, Villenave-d'Ornon.

Un parcours sous surveillance des services de renseignement

L'affaire remonte à juin 2022, lorsque les services de renseignement français ont identifié un compte sur les réseaux sociaux diffusant des propos pro-djihadistes et glorifiant le califat islamique. Ce compte, tenu par le résident de Villenave-d'Ornon, partageait même des vidéos d'exécution et de propagande extrémiste.

Placé sous surveillance étroite, le jeune homme avait évoqué avec un autre individu radicalisé un possible départ vers la Syrie ou l'Irak. En avril 2025, il a été condamné à un an de prison pour apologie du terrorisme, avant de bénéficier d'une libération conditionnelle le 26 janvier dernier.

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Une interdiction formelle ignorée

Trois jours après sa libération, le ministre de l'Intérieur a prononcé une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance à son encontre. Cette décision lui interdisait explicitement de sortir du territoire de Villenave-d'Ornon.

Pourtant, le mercredi 11 février, les forces de l'ordre l'ont retrouvé à Bordeaux. Les données de géolocalisation de son téléphone portable ont révélé qu'il s'était rendu quotidiennement dans la ville centre, apportant la preuve irréfutable du non-respect de ses obligations.

La défense du prévenu et la réaction du tribunal

Dans le box des prévenus, le jeune homme a tenté de justifier ses actes : « C'est juste dans le but de voir ma petite copine. Je sais que ça ne justifie en rien d'avoir violé l'interdiction. Mais je ne voulais pas lui imposer mes obligations en la faisant venir à Villenave, alors je me suis dit que j'allais prendre le risque d'aller la voir, car elle travaille. »

Le président du tribunal, Jean-Luc Ybres, a qualifié sa propension à violer ses obligations de « fait froid dans le dos ». Le prévenu a néanmoins affirmé s'être éloigné de l'idéologie djihadiste : « Je suis très loin de l'idéologie djihadiste. Maintenant, la religion, c'est privé. Je n'impose rien à personne. Je me désavoue de toute idéologie extrémiste. J'étais inconscient. »

Une condamnation ferme du parquet

Le parquet a décrit l'individu comme une « personnalité inquiétante » et a requis une peine sévère. Le tribunal a suivi ces réquisitions en condamnant le jeune homme à huit mois de prison ferme pour violation de son assignation à résidence.

Cette affaire soulève des questions importantes sur l'efficacité des mesures de contrôle administratif et la réinsertion des individus condamnés pour des délits liés au terrorisme. Le profil du prévenu, entre ses déclarations de rupture avec l'extrémisme et ses actions contraires aux obligations légales, continue d'interroger les autorités judiciaires et les services de sécurité.

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