Un ancien gérant face à la justice pour des accidents du travail graves
Ce mardi 24 février 2026, au tribunal de Mont-de-Marsan, un ancien responsable d'une société de charpentes comparaît pour blessures involontaires par manquements à des obligations de sécurité. L'affaire concerne deux accidents distincts survenus en juillet 2022 et octobre 2023, qui ont gravement blessé deux employés.
Le témoignage poignant d'un soudeur blessé
À la barre, un ancien soudeur de l'entreprise, la voix tremblante, déclare : « Mon métier de soudeur, je ne pourrais plus jamais le faire. Je me retrouve sans plan de carrière, sans perspective, sans rien. » En octobre 2023, son gant gauche a été emporté par le foret d'une perceuse défectueuse, entraînant sa main sous la machine et sectionnant le tendon de son index. Malgré plusieurs opérations, il n'a toujours pas récupéré sa pleine mobilité plus de deux ans après l'accident.
Un deuxième accident : une chute de 4 mètres
Le second accident remonte à juillet 2022, lorsqu'un employé intervenant sur le toit d'une exploitation agricole a chuté de près de 4 mètres après l'effondrement de la toiture. Aucun filet anti-chute n'avait été installé sur le chantier, et bien que des harnais de sécurité soient présents dans le camion, aucune ligne de vie n'avait été montée pour permettre leur utilisation.
Des manquements répétés à la sécurité
Le tribunal dépeint une entreprise aux multiples dysfonctionnements, incapable de garantir les obligations de sécurité de base. Cette société avait déjà été condamnée en 2023 par le tribunal de Dax pour un accident mortel survenu en août 2022 dans des conditions similaires. L'ancien gérant, présent à l'audience, évoque « le constat d'échec » qui l'a conduit à quitter l'entreprise.
Le réquisitoire sévère du parquet
La procureure de la République insiste sur le caractère « particulièrement grave » de ces accidents, ayant chacun valu aux victimes plus de cent jours d'interruption totale de travail. Elle demande une réponse pénale ferme, pointant les torts d'une « entreprise qui dysfonctionne gravement en termes de sécurité ». Ses réquisitions incluent :
- Des amendes de 15 000 et 18 000 euros pour l'entreprise.
- Pour l'ancien gérant, trois mois d'emprisonnement avec sursis pour l'accident de 2022 et 180 jours-amendes à 10 euros pour celui de 2023.
La défense plaide la relaxe
L'avocate du prévenu plaide pour la relaxe, arguant qu'au moment des faits, le principal propriétaire de l'entreprise détenait l'autorité et les moyens nécessaires pour assurer la sécurité. Elle souligne également les négligences des salariés dans l'exercice de leurs missions, contribuant selon elle à ces accidents.
Verdict attendu en avril 2026
La décision du tribunal a été mise en délibéré et sera rendue le 28 avril 2026 à 13 h 45. Cette affaire met en lumière les conséquences dramatiques des manquements à la sécurité au travail, dans un secteur où les risques sont pourtant bien identifiés.



