Alès : un an de bracelet électronique pour rébellion violente et détention de cannabis
Alès : un an de bracelet pour rébellion et cannabis

Un Alésien condamné pour rébellion violente et détention de cannabis

Un habitant d'Alès, dans le Gard, âgé de 33 ans, a comparu en comparution immédiate ce jeudi 26 février 2026 devant le tribunal d'Alès pour des faits de rébellion violente et de détention de stupéfiants. L'homme a été condamné à deux ans d'emprisonnement, dont un an ferme qui sera effectué sous bracelet électronique.

Une course-poursuite mouvementée

Les événements remontent au 20 janvier 2026. Le prévenu circulait au volant de sa Peugeot, non assurée, sur la route de Saint-Martin à une vitesse supérieure à la limite autorisée. Trois policiers municipaux à moto lui ont intimé l'ordre de s'arrêter, mais le conducteur a poursuivi sa route jusqu'au parking de sa résidence.

Là, les agents l'ont rattrapé. L'un d'eux a positionné sa moto devant la portière du véhicule et a ordonné au conducteur de rester à l'intérieur. Ce dernier a alors tenté de fuir en courant vers son immeuble, bousculant au passage le policier qui est tombé avec sa moto.

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Une rébellion qualifiée de "très violente"

Le fugitif a essayé de s'enfermer dans son appartement, mais les agents l'en ont empêché. Une vidéo provenant des caméras piétonnes de deux policiers, projetée durant l'audience, a montré ce que la présidente Claire Sarode a qualifié de "rébellion très violente".

L'accrochage a été accompagné d'une menace proférée par le prévenu : "Je vais sortir mon arme". À ces paroles, les policiers municipaux se sont retirés et ont appelé des renforts. Des agents de la police nationale ont pris le relais de la poursuite.

Détention de près de 900 grammes de cannabis

Durant la poursuite, le trentenaire s'est blessé à la main en franchissant un grillage. Il a dû être opéré à l'hôpital de Nîmes avant de comparaître, le bras en écharpe. Aux forces de l'ordre, il a admis la tentative de fuite, les insultes, ainsi que la détention de 898 grammes de cannabis retrouvés dans sa voiture.

La substance était répartie en neuf sachets. Le mis en cause a déclaré les avoir achetés pour 120 euros chacun, affirmant qu'"normalement ça coûte 300 euros". Ce père d'une enfant de quatre ans a martelé que c'était pour sa consommation personnelle, sous forme de "pétard", mais aussi pour la confection de gâteaux et de pancakes avec les déchets.

Des versions contradictoires

Le prévenu a cependant nié être l'auteur de violences volontaires contre les policiers, déclarant : "Il y a une différence entre repousser et asséner des coups de poing". Un argument repris par son avocat, Maître Aurélien Vergani, qui a parlé d'une "fuite désespérée".

Les trois policiers municipaux victimes ont pour leur part évoqué des coups de poing. L'un d'eux, celui qui est tombé avec sa moto, a subi deux jours d'incapacité totale de travail (ITT).

La compagne du prévenu, lors de son audition, avait déclaré qu'il ne consommait plus de cannabis. Face à cette contradiction, l'homme a marmonné : "Je mens sur beaucoup de choses à ma femme". Une phrase qualifiée de "révélatrice" par l'avocate des parties civiles, Me Julie Peladan, qui a remis en cause l'honnêteté du prévenu concernant ses intentions lors de la rébellion.

Un réquisitoire "brutal" et une peine plus clémente

Le procureur a requis trois ans d'emprisonnement dont six mois assortis d'un sursis probatoire avec obligation de travailler, ainsi qu'un mandat de dépôt. Un réquisitoire qualifié de "brutal" par la défense, qui a souligné que son client n'en était certes pas à son premier outrage aux dépositaires de l'autorité publique, mais que les faits antérieurs dataient de 2013.

Après presque une heure de délibération, la peine prononcée s'est avérée plus clémente. Le tribunal a condamné l'homme à deux ans de prison, dont un an avec sursis probatoire. Les douze mois ferme seront aménagés sous forme de bracelet électronique, avec obligation de soins, de travailler (l'homme étant bénéficiaire du RSA), ainsi que le paiement d'amendes.

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Des conséquences financières importantes

Le prévenu devra s'acquitter de 3 000 euros d'amende, plus 700 euros à chacun des policiers victimes (900 euros pour l'agent blessé). Le père de famille n'a pas été incarcéré jeudi soir, mais repart avec ce que son avocat a décrit comme "une épée de Damoclès au-dessus de sa tête".

Cette affaire met en lumière les conséquences judiciaires d'une rébellion violente contre les forces de l'ordre, même lorsque le prévenu bénéficie d'un aménagement de peine sous forme de bracelet électronique plutôt que d'une incarcération immédiate.