L'affaire Autrand : un ingénieur d'Alès condamné pour avoir commandité l'assassinat de sa fiancée
Affaire Autrand : l'ingénieur qui voulait tuer sa fiancée

L'incroyable affaire Autrand : un ingénieur brillant qui voulait supprimer sa fiancée

Ce dimanche 14 septembre, l'émission "Faites entrer l'accusé" sur RMC Découverte plonge dans l'une des affaires criminelles les plus sidérantes des dernières années : la tentative d'assassinat commanditée par Fabrice Autrand, un ingénieur d'Alès, contre sa propre fiancée, Rachel. Cette histoire de féminicide prémédité continue de faire trembler le système judiciaire alors que le condamné demande aujourd'hui une libération conditionnelle.

La nuit du 6 avril 2013 : trois balles dans le sommeil

Dans la nuit du 6 avril 2013, à 2 heures du matin, Rachel, alors âgée de 37 ans, dort paisiblement dans sa villa d'Alès aux côtés de son mari. Soudain, un homme cagoulé allume la lumière de la chambre et crie "Bouge pas !" avant de tirer trois balles de 357 Magnum sur la jeune femme endormie. Par un incroyable concours de circonstances, l'arme s'enraye après le troisième coup, permettant à l'agresseur de prendre la fuite.

Rachel, grièvement blessée, est sauvée in extremis par les secours. Elle gardera de lourdes séquelles physiques et psychologiques de cette agression, d'autant plus traumatisante que leur fils de 10 mois dormait dans la pièce voisine. À sa sortie de l'hôpital, elle retourne vivre avec son mari, ignorant totalement qu'il est l'instigateur de son calvaire.

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Le mari parfait qui préparait un meurtre

Fabrice Autrand, 45 ans à l'époque des faits, semblait être l'époux idéal. Brillant ingénieur diplômé de l'école des Mines d'Alès, fils de commissaire de police, il dirigeait la société Cévennes Déchets tout en gérant une discothèque le week-end. Il avait rencontré Rachel en 2011 sur Meetic, et leur relation avait rapidement évolué vers un projet de vie commune.

Pourtant, derrière cette façade de réussite sociale, l'homme préparait méthodiquement l'assassinat de sa fiancée. Les tensions entre Rachel et sa belle-mère, une femme extrêmement protectrice envers ses fils, avaient atteint un point de non-retour à l'approche de leur mariage. "Je ne voyais pas d'autre solution que de supprimer Rachel", avouera-t-il plus tard à un expert psychiatre médusé. "Je me suis dit, ton fils sera orphelin, mais tu arriveras à y pallier."

Un crime méticuleusement organisé

Fabrice Autrand avait étudié plusieurs scénarios criminels avec son complice, Mohamed Bouabida, patron d'une société de sécurité d'Alès. Après avoir envisagé un accident de voiture truqué ou une pendaison maquillée en suicide, ils optèrent finalement pour un homejacking qui devait faire croire à un cambriolage ayant mal tourné.

Pour ce service, Autrand proposa 15 000 euros à Bouabida. Le plan échoua de justesse lorsque l'arme du tueur à gages s'enraya après trois tirs. Ce n'est qu'en décembre 2013, huit mois après l'agression, que la PJ de Montpellier débarqua pour arrêter Fabrice Autrand, révélant à Rachel l'impensable vérité : son mari était le commanditaire de la tentative d'assassinat.

Un verdict lourd mais des peines contestées

Le 8 mars 2017, la cour d'assises du Gard reconnut Fabrice Autrand coupable de tentative d'assassinat et le condamna à vingt-sept ans de réclusion criminelle. L'ingénieur n'a pas fait appel de ce verdict. Son complice, Mohamed Bouabida, écopa quant à lui de dix-sept ans de prison en deuxième instance le 21 mars 2019.

Aujourd'hui, après douze années de détention, Fabrice Autrand a déjà demandé une libération conditionnelle, provoquant l'indignation de sa victime. "Il a bénéficié d'une sixième permission de sortie de cinq jours cet été", explique Rachel, aujourd'hui quadragénaire et mère célibataire. "Il est à nouveau question d'une demande de libération sous bracelet anti-rapprochement, et je m'y oppose fermement."

Le combat continu d'une survivante

Rachel, qui a changé de région pour reconstruire sa vie, se bat désormais contre la perspective d'une libération anticipée de son ancien compagnon. "Il n'en est même pas à la moitié de sa peine, et pour moi, ce n'est pas possible", affirme-t-elle avec détermination. "Les politiques sont tous à agiter l'étendard du féminicide, mais on reprend d'une main aux victimes ce qu'on leur a donné de l'autre."

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Une première demande de libération conditionnelle a été rejetée par la chambre d'application des peines d'Agen en février dernier, mais Rachel reste vigilante. "Mon combat aujourd'hui, c'est de dire : voilà ce qu'on fait aux femmes et aux auteurs de féminicide. Il faut sortir des doubles discours."

L'émission "Faites entrer l'accusé" revient ce dimanche soir sur RMC Découverte sur cette affaire qui continue de questionner notre système judiciaire et la prise en charge des victimes de violences conjugales extrêmes.