Un verdict lourd et contrasté dans l'affaire du meurtre d'Antonio Delorme
Ce jeudi 26 février, à 17h30, au terme de cinq heures de délibéré, la cour d'assises de Saintes a rendu son verdict dans le procès du meurtre d'Antonio Delorme, survenu le 20 août 2020. Le corps sans vie de ce père de famille avait été découvert au petit matin du 20 août 2022, dans le camp des gens du voyage de Pennevert, à Rochefort. L'annonce des peines a provoqué des réactions contrastées parmi les parties civiles, nécessitant l'intervention ferme du président Franck-Deligne pour rappeler les règles de silence et de discrétion applicables dans l'enceinte judiciaire.
David Bourget reconnu coupable et condamné à vingt-trois ans de réclusion
David Bourget, âgé de 37 ans, a été reconnu coupable du meurtre d'Antonio Delorme et condamné à vingt-trois années de réclusion criminelle. Cette décision intervient après que l'accusé a, contre toute attente, avoué mercredi après-midi les coups mortels portés à la victime, consécutifs à une bagarre. Cependant, il persistait à nier toute intention de tuer Antonio Delorme. La cour n'a pas suivi cette version des faits, estimant que les blessures extrêmement graves subies par la victime ne pouvaient résulter que d'un acharnement manifeste. David Bourget dispose désormais d'un délai de dix jours pour interjeter appel de cette décision.
Moïse Bourget acquitté et immédiatement remis en liberté
Son frère aîné, Moïse Bourget, âgé de 40 ans, dont l'implication dans le meurtre constituait la grande inconnue du procès en raison de versions contradictoires, a été acquitté. Les aveux de son frère David, combinés à l'absence d'éléments probants démontrant sa participation aux coups, ont conduit à son innocence reconnue. Il est immédiatement remis en liberté après trois années d'incarcération préventive. En conséquence de cet acquittement, Moïse Bourget peut désormais prétendre à des indemnités pour le préjudice moral subi, avec un délai de six mois pour effectuer sa demande officielle auprès des autorités judiciaires compétentes.
Nicolas Holderbaum condamné pour recel de cadavre et modification de scène de crime
Le troisième accusé, Nicolas Holderbaum, beau-père des frères Bourget, a été acquitté du meurtre mais reconnu coupable des délits de « recel de cadavre » et de « modification de scène de crime ». Les faits qui lui sont reprochés concernent spécifiquement le délai d'une heure écoulé avant l'appel aux secours, ainsi que le fait d'avoir jeté de l'eau sur le corps de la victime durant cet intervalle, non pas dans un but de soin mais pour « faire disparaître des traces » compromettantes. Pour ces deux infractions, Nicolas Holderbaum, qui comparaissait libre mais était absent de l'audience depuis mardi suite à un premier incident grave, a été condamné à trois années d'emprisonnement. La Cour a prononcé un mandat de dépôt à effet différé, permettant une exécution différée de la peine.
Une sécurité renforcée pour prévenir tout débordement
Si une tension palpable a accompagné l'attente du verdict tout au long de la journée, aucun incident notable n'a été signalé en fin de procédure. Cette relative sérénité résulte en partie du déploiement massif des forces de l'ordre, avec soixante-treize membres de la CRS et une trentaine d'agents de la police nationale de Charente-Maritime mobilisés spécialement pour prévenir tout débordement ou manifestation de violence autour du tribunal de Saintes. Cette présence dissuasive a contribué à garantir le bon déroulement de cette audience particulièrement chargée en émotions.



