Un procès en visioconférence pour des faits commis dans le nord des Landes
Ce mardi 10 février 2026, un homme de 34 ans comparaissait en visioconférence devant le tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan. Apparaissant sur les écrans de la salle d'audience dans un survêtement bleu, l'air inquiet depuis une petite pièce blanche abondamment éclairée, il répondait de vols et dégradations commis dans le nord des Landes. Son casier judiciaire faisait déjà état de 28 mentions avant cette nouvelle comparution.
Une église puis une mairie vandalisées
L'affaire remonte au 20 octobre 2022 lorsque les gendarmes de la brigade de Mimizan, alertés par des bénévoles, découvrent que la porte de l'église Saint-Martin de Pontenx-les-Forges a été forcée. Un calice, une patène et 50 euros en pièces ont été dérobés à l'intérieur du lieu de culte. Les relevés d'ADN effectués sur place permettent d'identifier le voleur, mais les enquêteurs ne parviennent pas à le localiser dans l'immédiat.
Dans le même temps, le parquet de Mont-de-Marsan établit un lien avec une autre tentative de vol commise la veille au préjudice de la mairie de Bias. La vitre de l'établissement avait été brisée à l'aide d'un caillou, mais l'individu responsable avait pris la fuite au déclenchement de l'alarme de sécurité. Des traces papillaires relevées sur la vitre du bâtiment public permettront finalement, en janvier 2023, de confirmer qu'il s'agissait du même homme ayant agi dans l'église pontenaise.
Un seul vol finalement reconnu
Les enquêteurs parviennent à retrouver le malfrat en novembre 2023 à la maison d'arrêt d'Angers. Deux ans et demi plus tard, ce mardi, c'est depuis Nantes que l'homme comparait, toujours détenu et pris en charge par le service médico-psychologique régional (SMPR). Depuis la petite pièce qui lui sert de barre, l'homme refait le récit de ces deux événements.
S'il reconnaît sans détour les faits qui se sont déroulés à Pontenx-les-Forges, il conteste avoir tenté de voler la mairie de Bias. Le prévenu se plaint à plusieurs reprises d'être le seul entendu dans cette affaire. « On était deux ces soirs-là », s'exclame-t-il, tout en refusant de donner l'identité de son prétendu complice. La présidente du tribunal lui rétorque qu'il n'y a que son ADN qui a été retrouvé sur chacun des lieux.
Interrogé sur ce que sont devenus les objets dérobés à l'église, l'homme explique que le calice et la patène ont été jetés dans la forêt par son « collègue », tandis que les pièces ont servi à « manger et fumer ». Concernant la mairie, il affirme : « On a juste dormi là madame, on était sans-abri, on voulait se mettre au chaud ». L'absence de trace de fouille dans le bâtiment municipal conduira finalement le tribunal à requalifier ces derniers faits en simple dégradation de biens publics.
Un parcours de vie marqué par les difficultés
L'avocate de la défense, Me Pauline Eberhard, tente d'interroger son client sur son état d'esprit au moment des faits mais est interrompue par la présidente qui indique que le tribunal traitera plus tard des éléments de personnalité. Sur les écrans, le prévenu grommelle : « Nan mais j'hallucine, vous avez vu comment vous parlez à mon avocate ? ».
Décontenancée, la juge tente d'expliquer à l'homme que la question de son conseil pourra être posée en temps voulu, mais lui s'emporte : « Ça fait quinze ans que je fais du placard, vous n'allez pas m'apprendre comment ça se passe ! ». Pleine de sang-froid, la magistrate reprend le cours de l'audience.
Elle parcourt une à une les 28 condamnations qui figurent au casier judiciaire du prévenu et finit par l'interroger sur son parcours personnel. L'homme fait le récit d'une vie marquée par les violences sexuelles imposées par son père dans son enfance, le suicide de son premier frère et le désespoir du second. Cela avant la drogue, l'alcool et les allées et venues en prison.
Jusqu'en 2022, période à laquelle il dit qu'il vivait « comme un vagabond », arguant qu'au moment des faits, lui et son ami revenaient d'un pèlerinage sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Une peine finalement réduite
« J'entends toutes les difficultés qu'il a mais on peut, pour se nourrir, faire autre chose que d'aller voler des églises », tonne le procureur de la République. Le magistrat refuse de laisser le passé du prévenu l'exonérer de sa responsabilité et appuie sur le caractère « émouvant » du vol commis dans le lieu de culte. Il requiert une peine de 10 mois d'emprisonnement ferme.
Des réquisitions bien trop lourdes pour Me Pauline Eberhard qui s'attarde sur « le désarroi » de son client qu'elle dit « marqué par la vie ». « La peine demandée m'apparaît méconnaître la situation personnelle dans laquelle il était ce jour-là », conclut-elle, demandant à la cour de réduire le quantum à « de plus justes proportions ».
Le tribunal le condamne finalement à 8 mois de prison, expliquant avoir certes pris en compte son histoire personnelle mais aussi son casier judiciaire. Aucune des victimes ne s'est constituée partie civile pour ce procès.



