Plus de 300 000 personnes ont manifesté ce mardi 29 septembre partout en France à l’appel d’une intersyndicale de la fonction publique, selon la CGT. À 16 h 30, le syndicat recensait 70 000 manifestants à Paris et 30 000 à Marseille. Les cortèges, réunis dans 170 villes, réclament une hausse des salaires et dénoncent des attaques budgétaires, alors que la grève touche près de 10 % de la fonction publique d’État.
Une mobilisation massive dans 170 cortèges
Les manifestants se sont élancés en début d’après-midi, notamment à Paris où le cortège est parti vers 14 heures de la place de la République aux cris de « Des moyens, des moyens, sinon ça sert à rien » ou « Le travail c’est la santé, mais mon dos il est cassé ». Sur les pancartes, on pouvait lire « Augmentez les salaires ! », « Blocage des prix » ou encore « Des hôpitaux aux assos, mêmes attaques, mêmes combats ! ».
Selon la CGT, 70 000 personnes ont défilé à Paris, 30 000 à Marseille (3 800 selon la police), 11 000 à Toulouse, 10 000 à Lille et Bordeaux, et 8 000 à Lyon et Orléans. La CGT, FO, la CFDT, UNSA, la FSU, Solidaires, CFE-CGC et la FA-FP ont appelé à la grève et organisé plus de 170 manifestations à travers le pays. Les mots d’ordre : réclamer une revalorisation des salaires des fonctionnaires et des « moyens budgétaires à la hauteur » des missions des services publics.
Près de 10 % de grévistes dans la fonction publique d’État
À la mi-journée, près de 10 % des agents de la fonction publique d’État étaient en grève (9,64 %), 5,68 % de ceux de la fonction publique territoriale et 4,5 % de ceux de la fonction publique hospitalière, selon les chiffres du ministère de l’Action et des Comptes publics. Chez les enseignants, un peu plus d’un sur dix (13,71 %) étaient en grève, selon le ministère de l’Éducation nationale.
« Qui était au front cet été pour sauver des vies ? Les pompiers, les soignants, les fonctionnaires. Aujourd’hui nous attendons un geste clair. Il faut augmenter les salaires des fonctionnaires, augmenter les moyens des services publics », a lancé la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, avant le début de la manifestation parisienne. Dénonçant un budget « dangereux », elle a lancé un « avertissement » au gouvernement, à deux jours de la présentation du budget : « Pas question qu’ils fassent encore une fois les poches aux travailleurs, aux retraités ».
« On joue la survie des services publics »
« Il y a des revendications très claires : c’est le pouvoir d’achat des agents publics qu’ils soient fonctionnaires ou contractuels », a renchéri Marylise Léon, numéro un de la CFDT. « On joue la survie des services publics ».
Parmi les manifestants, Jérôme, aide-soignant de 62 ans, est venu à Paris pour « défendre les conditions de travail », « l’avenir de l’hôpital public » et « l’avenir de la fonction publique ». « Nous ne sommes pas une variable pécuniaire », a-t-il lancé. « À l’école, on enseigne en mode dégradé depuis 20 ans », a regretté Bruno, 60 ans, professeur de mathématiques à la retraite dans un collège lyonnais. « Ça fait presque 26 ans que je suis fonctionnaire, et j’ai un salaire de 1 700 euros. C’est la honte », a témoigné Saïnya Moknine, 47 ans, agente de mairie à Marseille.
À Nantes, des pancartes affichaient « Ras-le-bol des bas salaires » ou « La France crame, vos pompiers avec ». Parallèlement, la journée de mardi a été marquée par la poursuite des blocages de lycées, mouvement lancé la semaine dernière en banlieue parisienne. Le ministère de l’Éducation a recensé 338 établissements concernés depuis le début de la journée. Côté transports, les réseaux grandes lignes SNCF et RATP n’étaient que ponctuellement touchés.