16 ans requis contre l'homme ayant dépouillé une femme de 800 000 € après s'être pacsé
16 ans requis pour avoir dépouillé une veuve de 800 000 €

Une peine de seize ans de réclusion a été requise mardi 19 mai 2026 à l'encontre d'un homme jugé pour avoir dépouillé de plus de 800 000 euros une femme de 49 ans son aînée, en se pacsant avec elle avant de la cloîtrer au Maroc. L'accusé, un Français de 46 ans, comparaît depuis lundi devant la cour criminelle des Pyrénées-Atlantiques pour enlèvement, séquestration, abus de confiance et de faiblesse, ainsi que blanchiment d'argent.

Une relation fusionnelle aux conséquences tragiques

L'avocat général a demandé aux juges d'assortir cette peine d'une période de sûreté de huit ans et d'une amende de 200 000 euros. L'accusé, en détention provisoire depuis trois ans, affirme avoir tissé rapidement une « relation fusionnelle » avec la victime, rencontrée fin 2019 alors qu'il se présentait comme vendeur de vins. Trois mois plus tard, il se pacse avec cette veuve de 88 ans, sans enfant ni entourage proche, et obtient, devant notaire, une procuration générale sur ses avoirs.

Sans tarder, il clôture les comptes bancaires et les contrats d'assurance-vie pour récupérer 830 000 euros au total, constitue une SCI commune pour acquérir des biens immobiliers et détourne la pension de retraite de 1 300 euros mensuels. Pour l'avocat général, « le schéma est très simple : on dépouille une vieille dame sous couvert d'affection », tout en ayant « pris soin de l'éloigner petit à petit du lieu où elle vivait ». Il ajoute que « cette dame n'existe pas », qu'elle est une sorte de « patrimoine ambulant » pour l'accusé.

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Un isolement progressif et une fin de vie au Maroc

La victime, pourtant peu mobile, quitte en effet son logement du Béarn pour le Pays basque, où elle vit successivement dans au moins trois appartements différents. En 2022, la désormais nonagénaire quitte même la France pour le Maroc, où l'accusé l'installe chez la famille de sa nouvelle compagne, dans une chambre de trois mètres carrés. La défense, menée par Me Antoine Tugas, conteste l'enlèvement et la séquestration. « Les choses ne sont pas si simples que ça, rétorque-t-il. Je ne crois pas que l'on puisse balayer d'un revers de main la relation qu'il dit avoir vécue avec elle. » Selon l'avocat, « ce que monsieur a fait n'est pas très glorieux mais pour autant, elle était en parfaite capacité mentale d'exprimer un refus. Il l'a dépossédée, c'est un fait, mais ce dossier est seulement celui d'un abus de confiance. »

La victime est décédée en 2025, à 94 ans, dans une maison de retraite de Casablanca. Personne ne la représentait à l'audience. Le verdict est attendu mardi après-midi.

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