Le parquet de Marseille a frappé fort ce lundi en réclamant jusqu'à 16 ans de prison contre Félix Bingui, présenté comme le chef du clan Yoda, un réseau de narcotrafic implanté dans les quartiers Nord de Marseille. Une amende pouvant atteindre 500 000 euros ainsi qu'une période de sûreté des deux tiers ont également été requises à son encontre.
Un procès pour trafic de stupéfiants
Jugé depuis le 18 mai aux côtés de 19 coprévenus, Félix Bingui, surnommé « Le Chat », comparaît pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment en récidive. Le ministère public a également requis 12 ans de prison contre Mohamed Hussein Saleh, considéré comme son « bras droit », et 10 ans contre Zine Eddine Belkai, présenté comme le « grand gérant » des points de vente du réseau et actuellement en fuite.
Un travail de plusieurs mois pour atteindre les chefs
Au cours de son réquisitoire, le procureur a contesté la version des prévenus. « Si on les écoute, personne n'a rien fait, n'a rien vu », a-t-il déclaré, avant d'évoquer « des quantités astronomiques de drogues proposées à la population marseillaise, des sommes astronomiques qui génèrent des profits colossaux par des circuits organisés ». Selon le procureur, « les enquêteurs ont travaillé des mois pour atteindre les chefs de réseau ».
L'enquête, menée entre août 2021 et juin 2023, s'est notamment concentrée sur le point de vente de « La Fontaine », à l'entrée de la cité de la Paternelle. Les investigations ont permis de documenter l'activité du réseau, le procureur rappelant que « les vidéosurveillances ont montré le passage d'un client toutes les 30 secondes ». Le magistrat a décrit « une véritable organisation » structurée autour de la vente de stupéfiants, de la logistique et de la collecte des bénéfices.
Violence et organisation criminelle
Le représentant du ministère public a également insisté sur la violence associée à ces trafics. « Ces réseaux sont armés et se livrent à une lutte acharnée pour le contrôle des points de deal et de leur manne financière », a-t-il affirmé. Évoquant le rôle présumé de Félix Bingui, il a ajouté qu'il « se positionne en chef d'équipe, en supérieur hiérarchique » et qu'« on lui rend des comptes ».
La défense conteste des peines « disproportionnées »
La défense a vivement contesté ces réquisitions. « Le parquet de Marseille a voulu faire de ce procès un laboratoire et de M. Bingui un cobaye pour requérir en matière de trafic de cannabis des peines jusque-là inconnues en France », a déclaré Me Philippe Ohayon. Pour Me Gaétan Poitevin, avocat de Mohamed Hussein Saleh, il s'agit d'« une peine très très lourde, totalement disproportionnée ». Les plaidoiries doivent débuter mardi, avant une décision attendue en fin de semaine.



