Un verdict sévère pour des violences sexuelles incestueuses
La cour criminelle des Pyrénées-Atlantiques a rendu un verdict lourd ce mardi 3 mars, en début de soirée. Les cinq juges professionnels ont condamné Antonio Miguel Antunes Soares, un homme de 47 ans, à 16 ans de prison ferme. Cette peine sanctionne des viols aggravés, des tentatives de viols et des attouchements sexuels commis sur sa belle-fille et ses deux nièces, entre 2013 et 2020. Les faits se sont déroulés à Arcangues, Anglet et au Portugal, dans un contexte familial marqué par l'abus d'autorité.
Des victimes jeunes et vulnérables
Les jeunes filles, âgées de 11 à 14 ans au moment des agressions, ont subi des violences répétées. L'homme profitait de son statut pour perpétrer ces actes incestueux, notamment lors de vacances dans la maison familiale au Portugal ou chez lui, au Pays basque. Les deux nièces, nées en 2000 et 2005, étaient hébergées dans son entrepôt aménagé en habitation à Anglet, près de leur école, après le décès de leur père. La première a accusé son oncle de l'avoir violée à plusieurs reprises dès l'âge de 13 ans, tandis que la seconde a rapporté des attouchements et une tentative de viol entre 11 et 14 ans.
Leur avocate, Me Nathalie Pignoux, a souligné le sentiment de culpabilité des victimes, qui ont tardé à parler en raison de la manipulation exercée par l'accusé. « Elles avaient un fort sentiment de culpabilité pour ne pas avoir parlé plus tôt. Mais cet oncle avait pris la place de leur père et a fait en sorte qu'elles ne parlent pas. Il était très manipulateur », a-t-elle expliqué.
Une vidéo cruciale comme preuve
La belle-fille, âgée de seulement 11 ans lors des premières violences, a accusé son beau-père de l'avoir violée à plusieurs reprises après le collège, en l'absence de sa mère. Ces épisodes l'ont conduite à une tentative de suicide à l'âge de 15 ans. Lors du procès, son avocat, Me Nouhou Diallo, a demandé la diffusion d'une vidéo où elle filme discrètement son beau-parte. Dans cet enregistrement, l'homme lui demande de mentir lors d'un rendez-vous gynécologique, craignant que le praticien ne découvre la rupture de son hymen.
Malgré cette preuve accablante, Antonio Miguel Antunes Soares a nié les faits pendant les deux jours d'audience. Se présentant comme un fervent catholique, il a adopté une posture rigide, s'en remettant uniquement à « la justice divine ». Me Nouhou Diallo a noté que cette attitude n'a pas joué en sa faveur : « Il n'était pas dans une position d'apaisement ou de compassion envers les victimes, cela n'a pas joué en sa faveur ».
Des mesures complémentaires et un soulagement pour les victimes
En plus de la peine de prison, l'homme a été condamné à une interdiction définitive d'exercer une activité en lien avec des mineurs et a été inscrit au fichier des auteurs d'infractions sexuelles (Fijais). Un suivi socio-judiciaire lui a été imposé, avec la menace de trois ans supplémentaires en cas de non-respect. Les parties civiles ont exprimé un soulagement face à cette décision. Me Nouhou Diallo a déclaré : « Elles sont enfin crues. Ce n'est pas toujours évident dans le cas de violences sexuelles incestueuses. C'était toute la symbolique de ce procès ».
Ce verdict intervient dans un contexte où les plaintes pour inceste sont souvent difficiles à caractériser. En 2022, 37 % des plaintes pour inceste ont été classées sans suite en France, en raison d'un manque de preuves suffisantes. Cette affaire met en lumière les défis persistants de la justice face à ces crimes intrafamiliaux.



