À 17 ans, Kendra Dellerba est la plus jeune porte-drapeau du bassin mentonnais. Une passion pour le devoir de mémoire transmise par son grand-père et qu’elle fait vivre lors des cérémonies patriotiques du territoire.
Une jeune porte-drapeau engagée
Vendredi dernier, de nombreuses cérémonies ont été organisées dans le bassin mentonnais pour commémorer le 8-Mai 1945, symbole de la victoire contre l’Allemagne nazie lors de la Seconde Guerre mondiale. Quatre-vingt-un ans plus tard, le devoir de mémoire reste bien vivant, porté aussi par les plus jeunes générations. À Menton et dans les communes voisines, une présence a particulièrement retenu l’attention : celle de Kendra Dellerba. À seulement 17 ans, cette lycéenne de Pierre-et-Marie-Curie est aujourd’hui la plus jeune porte-drapeau du territoire mentonnais, un rôle généralement assuré par d’anciens militaires ou des personnes plus âgées.
« Continuer une histoire familiale »
« J’ai 17 ans et cela fait presque un an que je suis porte-drapeau. J’ai voulu suivre mon grand-père et mon arrière-grand-père dans la lignée militaire », explique la jeune Mentonnaise. Son grand-père, Hervé Dellerba, ancien militaire et président de l’Union locale des associations de combattants et de victimes de guerre du Mentonnais (Ulacm), lui a suggéré d’endosser ce rôle symbolique. « Quand il m’a proposé de devenir porte-drapeau, je me suis dit que c’était une belle manière de continuer cette histoire familiale et de lui rendre hommage. » Depuis l’enfance, Kendra grandit dans cet univers marqué par les cérémonies et la mémoire des conflits. « Mon grand-père m’a transmis l’importance de ne pas oublier les personnes qui se sont battues et qui ont donné leur vie pour la liberté et la démocratie. »
Une passion pour l’Histoire
Son engagement s’est aussi renforcé grâce au Service national universel, effectué avec son lycée. « Pendant deux semaines, on a participé à des activités autour du devoir de mémoire et de la défense. Certains disent que ça ne sert à rien, mais j’essaie d’expliquer que des personnes se sont battues pour nous et qu’il est important de leur rendre hommage. » Passionnée d’histoire, Kendra s’intéresse particulièrement à la Seconde Guerre mondiale. « Ce qui m’a toujours marquée, c’est le nombre énorme de morts entre 1939 et 1945. Beaucoup de personnes ont souffert et des villes entières ont été détruites. » Pour la lycéenne, cette période reste encore trop méconnue chez les jeunes. « Beaucoup ne connaissent même pas certaines dates importantes. À l’école, on devrait davantage parler des guerres et de ce qu’il s’est passé. » Elle complète d’ailleurs les cours avec des documentaires et des témoignages d’anciens combattants ou déportés.
« Une grande fierté »
Depuis près d’un an, Kendra participe régulièrement aux cérémonies patriotiques du bassin mentonnais. « Je ressens beaucoup de fierté. J’ai l’impression de rendre hommage à ma famille, mais aussi à toutes les personnes qui se sont battues pour notre pays. Le moment le plus fort, c’est quand on évoque les morts. C’est très touchant. » Au fil des commémorations, la jeune porte-drapeau a aussi échangé avec plusieurs témoins de la guerre. « J’ai notamment rencontré une fille de déportés juifs, mais aussi Herbert Traube, un ancien Résistant mentonnais, qui racontait ce qu’il avait vécu pendant la guerre. Malgré les moments difficiles, il expliquait qu’il fallait rester fort. » Un regard sur le passé qui nourrit aussi sa vision du monde actuel. « Quand on voit les pays encore en guerre aujourd’hui, on se rend compte de la chance qu’on a de vivre dans un pays en paix. Les guerres ne servent qu’à détruire et faire souffrir des gens. » À 17 ans, derrière son drapeau porté avec sérieux et discrétion, Kendra Dellerba rappelle surtout que la mémoire continue de se transmettre entre les générations.



