Colmar : une hausse de 30% du prix de l'eau à partir du 1er juillet
À compter du 1er juillet 2026, les 113 600 habitants des vingt communes de l'agglomération de Colmar verront leur facture d'eau augmenter de 30%. Cette hausse est justifiée par d'importants travaux de modernisation des canalisations, dont certaines datent du XIXe siècle. L'agglomération prévoit un investissement total de 130 millions d'euros, incluant la création d'un bassin d'orage. Le mètre cube d'eau passera à 4,78 euros, un tarif toujours inférieur à la moyenne nationale de 4,81 euros. Pour un foyer de quatre personnes, l'augmentation annuelle sera d'environ 120 euros, et ce jusqu'en 2032.
Des habitants surpris et résignés
Dans les rues de Colmar, nombreux sont ceux qui découvrent la nouvelle. Sarah et Maxime, un couple vivant dans le centre, déjà confrontés à des charges mensuelles de 180 euros pour l'eau, le gaz et l'électricité, se disent impuissants. « On ne va pas arrêter de consommer de l'eau », confie Sarah, tandis que Maxime plaisante : « Sous la douche, je vais me dire 'ça suffit' ».
Les commerçants en première ligne
Les commerçants, déjà fragilisés par la baisse d'attractivité des centres-villes et la hausse des prix de l'énergie, sont particulièrement touchés. Christophe, gérant du restaurant La Cour des Anges, ironise : « On va réfléchir à la carafe d'eau. 30% de hausse, c'est énorme ». Arone, co-gérant du coffee shop Quill & Cup, calcule que sa facture d'eau mensuelle, déjà entre 367 et 406 euros, augmentera d'au moins 1 321 euros par an. « N'ouvrez pas votre business en 2026 », conseille-t-il, amer.
Une proposition de chèque eau pour les plus modestes
Face à cette hausse, le groupe Les Écologistes Colmar et environs propose la mise en place d'un tarif social sous forme de « chèque eau » destiné aux familles les moins aisées. Daniel Reininger, membre du groupe, explique : « L'eau est un bien commun, on ne la paye pas. On paye des services et il est normal qu'ils soient adaptés au porte-monnaie de chacun ». Pour l'instant, l'agglomération n'a pas donné suite, mais le vice-président Benoît Schlussel assure que la question sera discutée.
Des travaux nécessaires mais coûteux
Benoît Schlussel, vice-président de Colmar Agglomération en charge de l'eau potable et de l'assainissement, justifie ces investissements par l'état vétuste du réseau : « Nos canalisations sont très anciennes, surtout à Colmar, où certaines datent encore de la fin du XIXe siècle ». Les travaux s'étaleront sur six ans. Malgré la hausse, le prix du mètre cube restera légèrement en dessous de la moyenne nationale.



