Un plan choc pour relancer la natalité française
Face à une natalité qui s'essouffle dangereusement, un rapport parlementaire publié ce mercredi appelle à une refonte complète de la politique familiale française. Le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus, auteur de ce document, "appelle à une révolution de la politique familiale" pour permettre aux Français de concrétiser leur désir d'enfant.
Une situation démographique alarmante
Les chiffres sont sans appel : en 2025, seulement 644 000 bébés ont vu le jour en France, soit 2,3% de moins qu'en 2024 et 24% de moins qu'en 2010 selon les données de l'Insee. Il s'agit du plus faible nombre de naissances enregistré depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Deux ans après l'appel controversé d'Emmanuel Macron au "réarmement démographique", cette mission d'information constate que si le désir d'enfant reste élevé dans l'Hexagone, sa réalisation est "de plus en plus entravée par les obstacles économiques, professionnels et symboliques".
La mesure phare : 250 euros mensuels par enfant
Parmi les propositions les plus marquantes figure la création d'un "versement familial unique" de 250 euros par enfant et par mois. Cette allocation serait attribuée sans conditions de ressources dès le premier enfant et jusqu'à ses 20 ans. Elle fusionnerait une dizaine d'aides existantes, pour un surcoût estimé entre 5 et 10 milliards d'euros selon le rapporteur.
Le rapport préconise une nouvelle politique familiale "fondée sur les principes de liberté, d'universalité, de lisibilité et de stabilité" pour répondre à ce "désir d'enfant empêché". Cette politique serait pilotée par un ministère dédié, rattaché directement au Premier ministre.
Un ensemble de mesures complémentaires
Le rapport ne se limite pas à cette allocation mensuelle. Il propose également :
- Un "congé parental unifié" rémunéré douze mois proportionnellement au salaire
- La possibilité pour les entreprises de verser une prime de naissance défiscalisée
- Un relèvement du plafond des avantages fiscaux pour les foyers avec enfants
- La création d'un prêt à taux zéro pour l'acquisition d'un logement lors d'une naissance
- L'ouverture du congé proche aidant aux grands-parents pour la garde ponctuelle
- Des autorisations d'absence pour les parents et grands-parents lors des moments clés de la scolarité
Adapter toute la société
"Au-delà de l'État, la société entière doit s'adapter", insiste Jérémie Patrier-Leitus. "Les entreprises et la famille au sens large ont aussi un rôle à jouer." Le rapport recommande notamment de rendre obligatoire l'aménagement d'espaces adaptés aux enfants dans les trains, quelques semaines après la polémique suscitée par la SNCF et sa nouvelle classe affaires "sans enfants".
La députée Liot Constance de Pélichy, qui a présidé cette mission d'information, souligne cette contradiction : "On ne peut pas d'un côté s'alarmer du fait qu'en France on ne fait plus d'enfants et de l'autre ne plus les tolérer." Elle a déposé une proposition de loi visant à interdire les espaces excluant les plus jeunes.
Un contexte de préoccupations croissantes
Cette initiative s'inscrit dans un contexte de préoccupations démographiques grandissantes. En janvier dernier, l'Union nationale des associations familiales (Unaf) avait déjà appelé le gouvernement à réinvestir massivement dans la politique familiale. Ces propositions interviennent alors que la France connaît une baisse continue de sa natalité depuis une quinzaine d'années, avec des conséquences potentielles majeures sur l'équilibre démographique et le système de retraites.



