Vols de voitures en France : une tendance à la baisse en 2025
Si vous envisagez d'acheter un nouveau véhicule, il est prudent de consulter au préalable la liste des modèles les plus fréquemment dérobés. Selon le bilan annuel publié ce mercredi par Argos et France Assureurs, 44.104 voitures ont été volées en 2025, contre 47.144 l'année précédente, ce qui représente une diminution significative de 6%. Cette étude, réalisée par l'organisme spécialisé des assureurs français dans la recherche des véhicules volés, révèle également que quatre véhicules sur dix sont retrouvés rapidement après leur disparition.
Un taux de récupération variable selon les catégories de véhicules
Grâce aux progrès des systèmes de géolocalisation et à l'efficacité des contrôles policiers, 37,9% des voitures volées sont récupérées, dont un tiers en moins d'une semaine. Cependant, ce taux de récupération chute considérablement pour d'autres types de véhicules : il n'atteint que 24% pour les deux-roues et seulement 10% pour les camions. Ces disparités soulignent l'importance des dispositifs de sécurité adaptés à chaque catégorie.
Les modèles les plus ciblés par les voleurs
Les véhicules les plus fréquemment visés sont généralement ceux qui connaissent les plus fortes ventes ou qui présentent des vulnérabilités techniques. En tête de ce classement peu enviable figurent la Toyota Rav4, la Hyundai Tucson, la Toyota CH-R, la Renault Mégane, la Renault Talisman ainsi que les Peugeot 508 et 5008. À l'inverse, les voitures électriques, moins demandées sur le marché noir et souvent équipées de systèmes de sécurité avancés, ne représentent qu'une part marginale des vols.
Une évolution contrastée selon les types de véhicules
Les vols de deux-roues ont enregistré une baisse encore plus marquée, avec une diminution de 17% pour atteindre 15.975 cas. Les poids lourds ont également connu un recul de 9%, avec 2.480 vols signalés. En revanche, les engins agricoles ou de chantier ont été la cible d'une hausse inquiétante de 14%, totalisant 1.529 vols. Cette augmentation pourrait s'expliquer par la valeur élevée de ces équipements et leur relative facilité de revente sur des marchés parallèles.
Les méthodes sophistiquées des réseaux criminels organisés
Dans 70% des cas de vol, aucune trace d'effraction n'est visible, signe que les techniques ont évolué. Les voleurs isolés qui brisaient une vitre appartiennent largement au passé : ils ont été remplacés par des réseaux structurés et hautement spécialisés. « De plus en plus souvent, il s'agit de bandes organisées, dirigées par des ingénieurs, avec des responsables du transport, des faux papiers et de la vente », explique Benoît Leclair, directeur général d'Argos.
Ces vols sont fréquemment réalisés sur commande, les véhicules étant ensuite exportés, principalement vers l'Europe de l'Est et l'Afrique. Les criminels disposent désormais de matériel disponible en ligne qui leur permet de brouiller les boîtiers de géolocalisation, de déverrouiller un véhicule ou de pirater les télécommandes. « Le tout pour 5.000 euros, un prix divisé par deux en quelques années », précise le responsable d'Argos. Faire démarrer une voiture peut prendre moins de deux minutes, notamment via la prise OBD, à l'aide d'un outil de diagnostic trafiqué, d'un boîtier de démarrage frauduleux ou en se connectant au faisceau de câbles avec un faux téléphone.



