Vol dans un hôtel de Saint-Raphaël : un valet de chambre condamné à six mois de prison
Une famille parisienne, cliente d’un hôtel haut de gamme à Saint-Raphaël, a constaté le 2 mai dernier le vol d’un sac Hermès et d’un bracelet précieux. Un valet de chambre a été condamné à Draguignan.
Le préjudice a été estimé à 33 000 euros, somme que le prévenu devra rembourser aux victimes.
Cette fois, Ismahil en a fini avec les hôtels. Le jeune homme de 27 ans, vivant désormais en région lyonnaise, assure au tribunal correctionnel de Draguignan avoir commencé une nouvelle vie professionnelle « dans la boucherie ». Mais son passé judiciaire, tout récent soit-il, doit d’abord être soldé. Poursuivi pour le vol commis le 1er mai d’un sac Hermès d’une valeur de 23 500 euros, d’un bracelet en or et diamants Force 10 estimé à 7 500 euros et de 600 euros en liquide, l’ancien valet de chambre d’un hôtel en bord de mer à Saint-Raphaël a été condamné à six mois d’emprisonnement. Un juge d’application des peines mettra en œuvre les modalités d’exécution de cette décision.
Suivi à la trace par le badge d’une collègue
Ismahil a contesté, en vain, être l’auteur de ce vol. Car l’utilisation du badge d’une collègue, emprunté avec l’accord de la direction, prouve qu’il est le seul à être entré dans la chambre 300 ce jour-là. L’horodatage est accablant. Entre 10 heures et 14 heures ce jour-là, Ismahil est entré à huit reprises dans la suite de ce couple parisien en villégiature dans le Var avec ses deux enfants. « Il y avait beaucoup de choses à faire, et comme nous sommes en sous-effectif, il faut sans cesse aller chercher des produits. C’est pour ça que j’ai fait des allers-retours » explique-t-il. « Il a agi de la sorte pour les autres chambres le même jour sans que des vols soient signalés » précise son avocate, Me Blandine Lachaume.
Le suspect aurait-il caché l’objet de son délit dans ce sac-poubelle noir qu’il a ensuite mis dans sa voiture et non jeté dans la benne prévue à cet effet ? « Elle était pleine, indique le prévenu. Donc j’ai jeté les déchets ailleurs. Comme j’en ai l’habitude. »
Témoin à charge
Dans le parking de l’établissement, alors qu’il doit prendre la route pour se marier à Lyon, Ismahil croise un collègue. Le témoignage de ce dernier sera accablant pour le jeune homme. « Il a expliqué aux policiers que vous lui aviez demandé de garder un sac pour lui, détaille le président du tribunal. Que votre frère avait une dette de 250 000 euros et qu’il était dans le coma. Ce collègue de travail a vite compris que le sac était volé. Il l’a caché dans un sous-bois puis il a été contacté durant le week-end par des personnes qui sont venues le récupérer. » À bord d’une Golf 7 immatriculée dans les Bouches-du-Rhône. « Mon frère va très bien, murmure le prévenu. Je ne sais pas pourquoi il raconte tout ça. Je n’ai aucun problème avec lui en plus...»
Dubitative, la procureure Chloé Moulin ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec une série de vols dans les chambres d’un hôtel tropézien qui a eu lieu l’été dernier à Saint-Tropez... dans lequel Ismahil travaillait. L’enquête des gendarmes avait finalement été classée sans suite mais le jeune homme, déjà valet de chambre, avait été entendu. « Il avait notamment emprunté le badge d’un collègue. La coïncidence est troublante...»
« C’est déloyal de se servir de cette procédure, fustige Me Lachaume. Elle n’est pas censée exister. Il n’a pas été condamné pour ces faits. Quant à ceux qu’on lui reproche aujourd’hui, ils reposent en grande partie sur un récit improbable d’un témoin qui avait pris soin d’effacer tous les messages sur son téléphone... Attention aux évidences trop criantes. » Mais pour le tribunal, pas de place pour le doute. Ismahil était « la seule personne à avoir pu voler ces objets ». Il est donc condamné pour cela.



