Deux des quatre hommes déférés devant le parquet de Marseille dans le cadre du vol de deux tableaux d'Auguste Renoir au musée de Cagnes-sur-Mer ont été mis en examen pour vol en bande organisée. Les œuvres, d'une valeur de 4,2 millions d'euros, ont été retrouvées dans un faux mur à Clermont-l'Hérault. Selon les enquêteurs, les cambrioleurs auraient agi sans commanditaire.
Une cachette « invisible » dans un faux mur
Le chef de la SIPJ (Service interdépartemental de la police judiciaire) des Alpes-Maritimes, Eric Antonetti, a annoncé lundi lors d'un point presse à Paris : « L'hypothèse privilégiée est qu'il n'y avait pas de commanditaire, a priori, du vol ». Les deux tableaux dérobés, d'une valeur de 4,2 millions d'euros, ont été retrouvés dans un « faux mur » fait « de parpaings pleins et de placo » dans la maison d'un troisième homme à Clermont-l'Hérault.
Nicolas Bessone, procureur de la République de Marseille, a précisé que « deux individus suspectés d'avoir commis le vol » ont été « mis en examen pour des chefs de vol en bande organisée, recel en bande organisée de biens provenant d'un vol ». Les deux œuvres « sont plutôt en bon état », mais l'un des tableaux fait l'objet d'une déchirure.
Le rôle du troisième homme et les interpellations
Le troisième homme, propriétaire de la maison où les tableaux ont été cachés, a reconnu « que les deux premiers hommes étaient venus chez lui et avaient déchargé les tableaux volés ». Il a été mis en examen pour « recel en bande organisée de biens provenant d'un vol en bande organisée », selon le procureur. Cette cachette « totalement invisible », passée inaperçue lors d'une première perquisition, renforce l'hypothèse d'un vol sans commanditaire. Les œuvres auraient ainsi été conservées en attendant de trouver un débouché.
Les œuvres d'art volées sont généralement « dispersées et distribuées tout de suite » lorsqu'elles font l'objet d'une commande, a précisé Eric Antonetti. Au total, quatre hommes ont été déférés devant le parquet de Marseille, dont deux placés en détention provisoire. Ils ont été interpellés alors « qu'un nouveau passage à l'acte était en préparation », cette fois-ci à la fondation Maeght de Saint-Paul de Vence dans les Alpes-Maritimes.
Le déroulement du vol et l'ADN décisif
Le 8 septembre au petit matin, deux voleurs s'étaient introduits dans le musée Renoir de Cagnes-sur-Mer, avaient scié les accroches de quatre tableaux et réussi à s'enfuir avec deux des œuvres, abandonnant les deux autres dans le jardin alors que la police arrivait sur les lieux. C'est un ADN retrouvé sur un sac abandonné lors de cette fuite qui a permis de confondre un homme de 29 ans « défavorablement connu des services de police », a précisé le procureur.