Le tribunal correctionnel de Montpellier a condamné, le 6 octobre 2026, Samir, un homme de 42 ans, à trois ans d'emprisonnement pour des violences aggravées commises sur son ex-compagne, Nadia, avec qui il est toujours pacsé. Le prévenu, absent lors du délibéré, fait l'objet d'un mandat d'arrêt pour purger sa peine. Il écope également de quatre mois pour avoir usurpé l'identité de son frère en garde à vue, portant la peine totale à trois ans et quatre mois.
Une altercation violente dans un snack
Les faits se sont déroulés le 27 septembre dans un snack de la Pompignane, à Montpellier. Selon le procureur, la scène a été d'une violence telle que la victime « s'est vue mourir ». Samir a reconnu avoir saisi son ex-compagne « au cou et aux bras » pour la faire sortir du commerce, mais a contesté l'avoir étranglée et avoir utilisé un couteau. Nadia, absente à l'audience et représentée par son avocate, affirmait au contraire avoir été étranglée et menacée avec un couteau posé sur son cou.
Le tribunal a finalement déclaré Samir entièrement responsable des préjudices subis par la victime. Le couteau, présenté par le prévenu comme un simple outil pour ouvrir une porte défectueuse, a été confisqué. Samir est également interdit pendant cinq ans de détenir ou porter une arme soumise à autorisation.
Un passé traumatique évoqué à la barre
À l'audience, Samir a expliqué avoir « vu rouge » après des insultes visant ses parents. Il a également évoqué un traumatisme d'enfance : à 4 ans, il affirme avoir vu sa mère tuer son père. Il disait avoir changé de vie et ne pas vouloir que ses fils connaissent le même drame.
Malgré ces déclarations, son comportement après l'altercation a dégénéré. Lors de l'intervention des policiers, il a tenté de leur échapper. En garde à vue, il s'est donné des coups de tête contre les murs, a insulté les fonctionnaires et a uriné dans sa cellule. Il a également fourni le prénom de son frère pour tenter de dissimuler son identité, déclarant « pour le faire ch… », ce qui lui a valu une remontrance du président du tribunal.
Des obligations strictes et une peine alourdie
Le tribunal a assorti l'année de sursis probatoire de plusieurs obligations : interdiction de contacter Nadia et de paraître à son domicile ou sur son lieu de travail, obligation de travailler ou de suivre une formation, obligation de soins en lien avec les violences et obligation de réparer les dommages causés. La partie civile de Nadia a été reçue, et Samir devra lui verser 1 000 euros au titre de son préjudice moral.
La décision est plus lourde que les réquisitions du parquet, qui avait demandé 24 mois d'emprisonnement dont six mois ferme. La défense avait reconnu l'existence d'une dispute mais demandé au tribunal de tenir compte de la situation personnelle du client et de lui permettre de purger sa peine à Montpellier. Le parquet avait au contraire demandé une mesure d'éloignement. On ignore, à ce stade, si Samir s'est présenté aux autorités depuis le mandat d'arrêt.