Violences soudaines lors du mouvement lycéen à Nîmes
Violences soudaines au mouvement lycéen à Nîmes

Le mouvement lycéen à Nîmes, qui revendique de meilleures conditions d’enseignement, a été marqué ce jeudi 1er octobre par de nombreux faits de violences, qualifiés de « très soudains » par la première adjointe au maire, alors que la mobilisation avait démarré de manière pacifique.

Une mobilisation pacifique qui dégénère

Devant le lycée Ernest-Hemingway, à 8h30, plusieurs centaines de lycéens, soutenus par leurs professeurs, réclamaient dans un mouvement « clair, structuré et pacifique » de meilleures conditions d’enseignement. Une enseignante de l’établissement a dénoncé des classes surchargées, des températures d’environ 35 degrés pendant les périodes de canicule, et la plateforme Parcoursup qui place « l’avenir des élèves entre les mains des algorithmes ».

« Au sein de l’établissement, il n’y a actuellement aucune vacance de poste. C’est une bonne chose pour nos jeunes, mais à côté de ça, il y a tant à dire… Excepté le bâtiment en façade, le lycée date des années 70 », a-t-elle ajouté. Elle dit avoir « confiance en la jeunesse », soulignant que les élèves d’Hemingway ont « une vraie conscience politique » et que le mouvement pourrait tenir avec la perspective de l’élection présidentielle.

Des incidents dès 8h45

Océane, lycéenne en terminale, dénonçait, pancarte en main, les prix de la cantine devenus trop chers et l’inégalité des chances, tout en se disant « en croisade contre Parcoursup ». Mais à 8h45, une bande de jeunes, manifestement extérieure au mouvement, a déboulé : une vingtaine de jeunes hommes encapuchonnés ont rempli un container à poubelle, rapproché des palettes, « parfumé » le tout avec un vaporisateur avant d’y mettre le feu avec un allume-gaz.

Les lycéens sont intervenus rapidement, maîtrisant le début d’incendie et tentant de repousser ces « fauteurs de troubles » qui brouillaient leur message. Après plusieurs minutes de tensions, ces jeunes étrangers à la mobilisation ont pris la direction du centre-ville, déposant au passage un obstacle sur la chaussée, allée Jean-Jaurès, provoquant la colère des automobilistes.

Le centre-ville touché, des lycées endommagés

En fin de matinée, le lycée Saint-Vincent-de-Paul portait les stigmates de violences : façade taguée, vitres fracturées. Selon nos informations, des jeunes extérieurs à l’établissement ont installé des barricades avant d’y mettre le feu vers 7h15. Le corps enseignant a d’abord confiné les enfants, le temps de l’intervention des pompiers et de la police, avant l’évacuation du lycée.

Vers midi, le chaos s’était propagé vers les ruelles de l’hypercentre. Place de l’hôtel de ville, les forces de l’ordre ont utilisé du gaz de dispersion pour tenter de rétablir le calme. Dix minutes plus tôt, la façade de la mairie avait été la cible de jets de projectiles en verre. La première adjointe, Amal Couvreur, venue remercier les policiers et assurer de son soutien les étudiants agissant pacifiquement, a décrit « une violence très soudaine ». À l’autre bout de la ville, la situation semblait également très compliquée au lycée Voltaire.