Un trentenaire alésien a été condamné à deux ans d'emprisonnement, dont un an avec sursis probatoire, pour des violences commises sur son ex-compagne. Le jugement a été rendu lundi 28 septembre par le tribunal correctionnel d'Alès, dans le Gard, à l'issue d'une comparution immédiate. Le prévenu, âgé de 32 ans, a recouvré la liberté le soir même, sa peine étant potentiellement aménageable.
Une séparation qui dégénère rue du Faubourg du Soleil
Les faits remontent au 25 septembre. Ce jour-là, la victime, qui avait quitté le prévenu la veille, se rend à son domicile, rue du Faubourg du Soleil, pour récupérer ses affaires. La situation s'envenime rapidement. Le prévenu lui aurait alors déclaré, en référence à une dispute antérieure : « Tu iras nulle part. Moi aussi je vais te frapper avec le manche à balai. »
Il la laisse finalement partir, comprenant qu'elle est au téléphone avec une amie sur le point d'alerter la police. Mais il la poursuit et la rattrape près du pont-Vieux, où sa conjointe depuis neuf mois se réfugie dans une voiture. Le trentenaire est interpellé vers 20 heures par la police municipale, qui le conduit au commissariat d'Alès pour une garde à vue qui se révélera compliquée.
Des violences reconnues, mais minimisées
À la barre, le prévenu reconnaît une partie des faits : « Je reconnais l'avoir bousculée, l'avoir attrapée par le bras. » Il évoque des violences réciproques, tant ce jour-là que durant leur relation. « Nous sommes des personnes très complices », confie-t-il, avant d'ajouter que l'alcool et la drogue ont réduit leur histoire d'amour à néant.
La partie civile, appelée à la barre, ne l'accable pas, allant même jusqu'à le défendre : elle explique que lorsqu'il est sobre, tout se passe bien. Cette position contraste avec celle du ministère public.
Le parquet réclame une peine ferme
Cindy Fernandez, substitut du procureur de la République, rappelle avec fermeté : « L'alcool n'est pas une excuse à la violence, la drogue n'est pas une excuse à la violence, l'amour n'est pas une excuse à la violence. Il n'y a absolument aucune excuse à la violence. » Elle estime que « ce qu'a subi madame est extrêmement violent », et qu'elle « est quand même rouée de coups ».
Le mis en cause compte 14 condamnations sur son casier judiciaire. Le parquet requiert un an de prison ferme, un maintien en détention, ainsi que la révocation partielle d'une précédente peine avec sursis à hauteur de cinq mois.
La défense plaide pour une peine aménagée
Me Betty Noël, en défense, rappelle que « sur le fond, il reconnaît l'ensemble des violences » et qu'elles « sont réciproques ». Elle souligne la volonté du trentenaire de s'en sortir, indiquant qu'il s'est inscrit pour suivre une cure. L'avocate invite le tribunal à « ramener la peine à de plus justes proportions » et évoque la piste d'une « peine aménagée ».
Le tribunal a finalement prononcé une peine de deux ans d'emprisonnement, dont un an avec sursis probatoire. Cette peine étant potentiellement aménageable, l'Alésien a recouvré la liberté le soir même. Il devra être convoqué devant le juge d'application des peines pour déterminer les modalités de sa peine.