Viol d'un enfant à Beaucaire : un sexagénaire jugé à Nîmes
Viol d'un enfant à Beaucaire : jugé à Nîmes

Un sexagénaire, Olivier C., 66 ans, comparaît depuis ce mercredi 7 octobre devant la cour criminelle du Gard à Nîmes pour le viol d'un petit garçon commis lors d'une réunion familiale à Beaucaire à l'été 2021. L'audience, présidée par le juge Christian Pasta, doit se poursuivre jusqu'au jeudi 8 octobre, date à laquelle le verdict est attendu.

Des faits reconnus mais une défense qui invoque la provocation

La partie civile, représentée par Me Chloé Belloy, s'attend à un procès difficile. Selon l'avocate, « la matérialité des faits est reconnue, mais il indique que le petit garçon l'aurait provoqué, ce qui est une violence complémentaire qu'il inflige à cet enfant et à sa famille. On est vraiment face à un comportement pervers. »

L'accusé, déjà connu pour des agressions sexuelles sur mineur, avait été dénoncé en 2018 par un informaticien gardois. Ce dernier avait découvert dans l'ordinateur d'un secrétaire médical, déposé la veille, des centaines de vidéos de viols subis par des enfants. L'homme avait déjà été condamné vingt ans plus tôt pour l'agression sexuelle d'un mineur, et dix ans auparavant pour détention de pédopornographie.

Une enquête qui s'est perdue entre deux parquets

L'enquête ouverte en avril 2018 s'est perdue entre le parquet de Nîmes et celui de Tarascon pendant plus de quatre ans. En septembre 2021, une maman dépose plainte en Normandie contre ce même individu, qui aurait agressé son petit garçon pendant une cousinade d'été à Beaucaire. L'enfant, âgé de neuf ans, s'est décidé à lui parler en apprenant qu'ils devaient revenir dans le sud pour les vacances de la Toussaint.

Il a fallu attendre encore deux ans pour que l'enquête préliminaire menée par les gendarmes locaux sous l'égide du parquet d'Évreux soit instruite au tribunal judiciaire de Nîmes. Olivier C. a finalement été arrêté et écroué en juin 2024, alors qu'il aurait sans doute pu être mis hors d'état de nuire bien plus tôt si l'appareil judiciaire n'avait pas fait preuve des lenteurs et lourdeurs similaires à celles pointées dans l'affaire Lyhanna.

La défense évoque une demande de soins

Me Laurence Bourgeon, en défense, insiste : « Nous regrettons les retards de procédure, mais mon client a hâte de s'expliquer devant ses juges. » Elle ajoute : « C'est quelqu'un qui réclame des soins, et qui affirme qu'à l'avenir il n'aurait plus aucun contact avec les enfants. »

Le verdict est attendu jeudi 8 octobre. Cette affaire intervient dans un contexte de critiques récurrentes sur les délais de traitement des violences sexuelles sur mineurs, comme l'a illustré l'affaire Lyhanna, qui a conduit à des réexamens de dossiers et à la création de sections spécialisées dans certains parquets.