Var : La Poste pourrait fermer des bureaux, les maires réagissent
Var : La Poste pourrait fermer des bureaux, les maires réagissent

Selon un article de Mediapart publié il y a quelques jours, quatre bureaux de poste du Var seraient concernés par une évolution de leur mode de gestion : Fréjus, Agay (Saint-Raphaël), La Roquebrussanne et Ginasservis. L'information, issue d'une communication diffusée par les syndicats du groupe, n'est pas encore officielle, mais elle suscite déjà des réactions contrastées chez les élus locaux.

Une transformation en agence communale évoquée

Le projet consisterait à transformer ces bureaux en agences communales. Ce dispositif repose sur un partenariat entre La Poste et une municipalité : la gestion d'une partie des services est transférée à la mairie, qui reçoit une somme pour financer la formation d'un agent municipal mis à disposition. Dans le Var, les communes de Fréjus, Saint-Raphaël (bureau d'Agay), La Roquebrussanne et Ginasservis seraient concernées.

Pour les deux villages de l'arrière-pays, la situation géographique rend la perspective particulièrement préoccupante pour les usagers. Depuis La Roquebrussanne, le bureau de poste le plus proche est situé à Néoules, à 4 kilomètres. Pour Ginasservis, il faut atteindre Saint-Julien, à plus de 7 kilomètres. Des distances qui ne sont pas rédhibitoires pour les personnes véhiculées, mais qui posent question dans des communes rurales déjà désertées par de nombreux organismes publics.

La Poste dément toute liste de fermetures

Interrogée, La Poste précise que « les listes de bureaux de poste partagées aux CSE ne préjugent en rien de l'avenir de la présence de La Poste dans les territoires ». L'entreprise indique qu'il s'agit de sites sur lesquels elle pourrait engager « une réflexion afin d'identifier les solutions de présence postale les mieux adaptées aux besoins des habitants et aux réalités locales ». Elle insiste : « il ne s'agit donc en aucun cas d'une liste de fermetures de bureaux mais d'une base de discussion et de travail avec les élus locaux ».

Cette discussion porte précisément sur le partenariat. Si le bureau devenait une agence communale, La Poste verserait à la municipalité une somme d'« environ 1.000 euros », selon Jean-Luc Angelini, maire de La Roquebrussanne. L'élu reconnaît que l'information n'est pas officielle, mais il travaille déjà sur la question. Il imagine même une évolution positive : « On pourra choisir les horaires qui correspondent davantage à l'usage des habitants, et ainsi, améliorer le service. » Interrogé sur le sort du distributeur de billets, il affirme que « ce sera compensé par la mairie ».

Des maires partagés entre soutien et scepticisme

Cette position rejoint celle de Jean-Pierre Véran, maire de Cotignac et président de la Commission départementale de la présence postale territoriale. Son village est déjà passé en agence communale, et il en tire un bilan positif : « La Poste ne peut plus mettre les moyens pour rester, mais la solution trouvée est souvent meilleure. »

En revanche, Hervé Philibert, maire de Ginasservis, se montre catégorique. Affirmant n'être « au courant de rien », il déclare : « Il est hors de question que l'on passe en agence communale. » Son scepticisme pourrait être nourri par les propos de Vincent Decorde, maire de Roncherolles-sur-le-Vivier (Seine-Maritime), cité par Mediapart, qui avertit « à tous les maires que l'étape suivant la transformation d'un bureau en agence postale, c'est la fermeture ».

Pour l'heure, le président de la communauté de communes Provence Verdon préfère attendre : « La Poste ne m'a rien dit, tout ce que je sais, c'est que des travaux doivent être faits dans les locaux actuels, et on doit travailler sur le transfert du bureau de poste dans un autre bâtiment pendant le chantier. » Reste à savoir si La Poste sera encore là après le gros œuvre.