Une policière en poste dans un service d’enquête du sud de la France a vendu en ligne des informations issues de fichiers sensibles, selon une enquête interne. Pour 100 euros, elle a cédé des données qu’elle pouvait consulter via son appareil NEO, un outil professionnel donnant accès au fichier des personnes recherchées (FRP), au traitement des antécédents judiciaires (TAJ) et au système d’immatriculation des véhicules (SIV).
Une transaction entièrement réalisée en ligne
L’affaire a été révélée par les services internes après la découverte de transactions suspectes. Selon les éléments recueillis, la policière, identifiée sous le pseudonyme Nina*, a agi sans jamais rencontrer physiquement l’acheteur. Aucun rendez-vous tardif dans un café inconnu, aucun échange d’espèces en main propre, ni contact avec un intermédiaire. Tout s’est déroulé derrière l’écran de son téléphone, dans le confort anonyme du numérique.
La policière, rattrapée par de graves difficultés financières il y a quelques mois, sans économies de côté, a vu dans ces accès une source de revenus. Elle a monnayé les informations auxquelles elle pouvait légitimement accéder dans le cadre de ses fonctions, mais dont la divulgation est strictement interdite.
Des fichiers à haute sensibilité
Les fichiers concernés sont parmi les plus sensibles de la police nationale. Le FRP recense les personnes recherchées, le TAJ compile les antécédents judiciaires, et le SIV centralise les immatriculations de véhicules. Leur consultation est réservée aux agents habilités, dans le cadre strict de missions d’enquête. Leur cession à des tiers expose à des sanctions pénales et disciplinaires.
L’enquête interne, ouverte après la détection de ces agissements, a permis de remonter jusqu’à la fonctionnaire. Les faits ont été signalés à l’autorité judiciaire, qui devra déterminer la nature des infractions et les éventuelles poursuites. Aucune information n’a été communiquée sur l’identité de l’acheteur ni sur l’usage qui a été fait des données cédées.
Une procédure disciplinaire engagée
La policière, dont l’identité n’a pas été révélée, a été suspendue dans l’attente des conclusions de l’enquête. Une procédure disciplinaire a été engagée à son encontre, parallèlement à l’action pénale. Ce type de comportement est considéré comme une faute grave, susceptible d’entraîner une exclusion définitive de la fonction publique.
Cette affaire illustre les risques liés à l’accès aux données sensibles, alors que les forces de l’ordre sont de plus en plus confrontées à des tentatives de corruption ou de détournement d’informations. Les autorités rappellent que la protection de ces fichiers est une priorité absolue, et que toute violation expose à des sanctions lourdes.
L’enquête se poursuit pour déterminer l’étendue des fuites et identifier d’éventuels complices. Les investigations devraient également établir si d’autres agents ont pu être approchés ou compromis. En attendant, la fonctionnaire mise en cause devra répondre de ses actes devant la justice et sa hiérarchie.