Turin : tensions après l'expulsion du centre social Askatasuna, la police antiémeute déployée
Turin : tensions après l'expulsion du centre social Askatasuna

Le quartier de Vanchiglia, à Turin, en Italie, vit désormais sous haute surveillance policière. Depuis l'expulsion du centre social Askatasuna, un lieu culturel et militant occupé illégalement mais toléré pendant trente ans, les tensions sont palpables dans ces anciennes rues ouvrières.

Une atmosphère tendue dans les rues de Turin

L'ambiance a radicalement changé dans ce secteur de la ville. À deux pas de la crèche Le Jardin des fables, un camion lanceur d'eau de la police antiémeute est stationné en permanence. Des grappes de policiers se tiennent aux croisements, entre le ciel gris, l'ennui et le pavé mouillé, créant un climat de surveillance constante.

Le petit bar de la place du marché, l'atelier d'artiste à l'angle et les théâtres de poche sont toujours présents, mais le tissu social de ces rues historiques semble s'effilocher. Cette dégradation coïncide avec l'accroissement des tensions politiques qui affectent l'Italie sous la présidence du conseil de Giorgia Meloni.

L'expulsion d'Askatasuna : un tournant symbolique

Le 18 décembre 2025, les autorités ont procédé à l'évacuation du bâtiment occupé par le mouvement autonome. Ce lieu, qui abritait le centre culturel et militant Askatasuna, représentait un point de repère majeur pour la gauche radicale turinoise. Trente années d'occupation illégale mais tolérée ont pris fin brutalement.

Sur les murs du quartier, les fresques à la gloire de la Résistance italienne, du mouvement palestinien ou de la révolution kurde demeurent, témoins silencieux de l'histoire militante des lieux. Mais le bâtiment d'Askatasuna est désormais vide, et les policiers présents sur place ont pour mission de décourager toute tentative de retour des militants.

Affrontements et déploiement policier

Le 31 janvier 2026, des affrontements ont éclaté entre la police et des manifestants lors d'une marche de soutien à Askatasuna. Ces violences ont conduit à un renforcement significatif du dispositif sécuritaire dans le quartier de Vanchiglia.

La présence massive des forces de l'ordre incarne plus qu'une simple mesure de sécurité temporaire. Elle symbolise un changement d'époque dans la gestion des espaces occupés et des mouvements autonomes en Italie. Sous le gouvernement de Giorgia Meloni, la tolérance historique envers ces occupations semble avoir atteint ses limites.

Un contexte politique national tendu

La situation à Turin s'inscrit dans un contexte politique national particulièrement tendu. L'Italie connaît actuellement des divisions profondes sur de nombreuses questions sociales et politiques. L'expulsion d'Askatasuna représente ainsi un épisode significatif dans cette évolution plus large.

Les autorités justifient leur action par la nécessité de faire respecter la légalité, tandis que les militants dénoncent une attaque contre les espaces autogérés et la culture alternative. Cette confrontation reflète les clivages qui traversent la société italienne contemporaine.

Le déploiement policier dans le quartier de Vanchiglia devrait se poursuivre dans les prochaines semaines, selon les sources locales. Les habitants du secteur doivent désormais composer avec cette présence constante des forces de l'ordre, qui transforme durablement le paysage urbain et social de leur quartier.