Trafic de cigarettes sur l'A75 : peines de prison avec sursis et lourde amende
Trafic de cigarettes : prison avec sursis et 155 000 € d'amende

Une femme de 45 ans et un homme de 60 ans ont été condamnés le jeudi 15 mai 2025 par le tribunal de Mende à respectivement douze mois et six mois de prison avec sursis probatoire. Ils sont reconnus coupables d'avoir effectué des allers-retours réguliers entre l'Andorre et la région parisienne, le coffre chargé de cigarettes, pendant deux ans.

Des faits découverts grâce à un appel citoyen

L'affaire débute le 22 décembre 2024. Ce jour-là, le centre opérationnel et de renseignement de la gendarmerie est alerté par un citoyen : des cabas contenant 600 cartouches de cigarettes Philip Morris ont été découverts près de l'A75, à Bourgs-sur-Colagne. Les gendarmes établissent rapidement un lien avec un contrôle routier effectué la veille, qui semble avoir poussé les deux trafiquants à se débarrasser de leur marchandise. Dans leur précipitation, ils ont également jeté un sac à dos contenant leurs papiers d'identité.

36 allers-retours en six mois

Une surveillance est mise en place autour des deux suspects : une femme de 45 ans originaire de Guinée et un homme de 60 ans né au Sénégal, tous deux vivant à Toulouse. L'analyse des images de vidéosurveillance, de la téléphonie et des badges de télépéage révèle que la femme a effectué, depuis janvier 2023, des allers-retours réguliers, environ une fois par semaine, entre l'Andorre et Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis. Rien qu'entre le 1er juin 2024 et le 1er janvier 2025, elle a réalisé ce trajet à 36 reprises. Malgré le contrôle auquel elle avait échappé, elle reprend la même route dès le 26 décembre 2024.

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L'enquête montre également qu'elle avait déjà été verbalisée par les douanes pour des excès de tabac en provenance d'Andorre, où elle achetait ses cartouches à un prix imbattable : 46 à 48 euros, contre environ 120 euros en France. Son trafic prend fin le 1er février 2025, lorsqu'elle est interpellée seule au volant avec 649 cartouches. Le préjudice total est estimé à plus de 300 000 euros. Lors de la perquisition à son domicile, trois téléphones portables et un chèque de 5 000 euros d'une société dont le gérant est connu pour des faits de contrebande sont retrouvés. L'homme, quant à lui, n'a participé qu'à deux trajets, prouvés par le bornage téléphonique.

Des explications peu convaincantes

Convoqués devant le tribunal de Mende le 15 mai 2025, les deux prévenus, au casier vierge, avouent les faits mais fournissent des explications alambiquées. La femme d'origine guinéenne déclare : « J'allais à Aulnay parce qu'on y trouve de la nourriture africaine moins chère ». Elle affirme ne pas avoir mesuré la gravité des faits, tout en reconnaissant l'illégalité du trafic.

Lors du procès, l'avocate représentant Philip Morris rappelle l'ampleur du phénomène : « Aujourd'hui, en France, 33,2 % de la consommation de tabac provient de la contrebande ou de la contrefaçon ». Elle souligne le préjudice d'image pour la marque et l'impact sur les buralistes : « Alors que la vente légale a baissé de 5 % en 2023, le nombre de fumeurs a augmenté de 1 % ». Elle évoque également un risque pour la santé, même avec des cigarettes authentiques.

Me Frédéric Michel, avocat de la prévenue, rebondit en dénonçant « l'hypocrisie de Philip Morris de présenter comme un protecteur de la santé publique ». Il ajoute : « L'État est le seul empoisonneur légal du pays avec le tabac. Ma cliente a profité un peu de ce système, oui, mais pas plus que l'État, pas plus que Philip Morris ».

Condamnations : amende et sursis

Les deux prévenus sont condamnés solidairement à une amende douanière de plus de 154 000 euros et à verser 1 000 euros de dommages et intérêts au fabricant de cigarettes. Ils écopent d'une peine de prison avec sursis probatoire : douze mois pour la femme et six mois pour l'homme.

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