Toulon : les lycéens lèvent le blocus de Bonaparte, la mobilisation s'essouffle
Toulon : levée du blocus au lycée Bonaparte, la mobilisation recule

La mobilisation des lycéens de Toulon a marqué le pas ce vendredi 9 octobre. Devant le lycée Bonaparte, la levée du blocus a été annoncée au mégaphone par Denis Sincu, figure du mouvement, après une dizaine de jours d'actions. Une centaine d'élèves étaient présents, mais les cours se sont déroulés normalement, avec un accès maintenu par un portail surveillé par les forces de l'ordre.

Une décision motivée par l'épuisement et le manque de participants

« Avec les collègues, on a discuté, car je ne prends pas les décisions seul. Aujourd'hui, on vous annonce la fin du blocus… Il n'y aura plus de blocus », a déclaré Denis Sincu, sous les yeux d'élèves surpris et incrédules. Il a justifié ce choix par les critiques reçues : « Nous avons été déçus des reproches des parents, des profs, des élèves qui veulent travailler, qui ont peur. On les comprend. On va continuer à se battre, mais pas avec un blocus. »

Une lycéenne a exprimé son désaccord, mais la discussion n'a pas inversé la décision. « On n'est pas assez nombreux, on est usés. Les gens veulent bloquer, mais ils restent chez eux. Tout repose sur nous », a expliqué Denis Sincu pour expliquer le reflux. Depuis le jeudi 1er octobre, Bonaparte a connu trois matinées de protestation, sans parvenir à maintenir une mobilisation suffisante.

Au Parc Saint-Jean, des griefs matériels et pédagogiques

Au lycée professionnel Parc Saint-Jean, une dizaine d'élèves ont brandi des pancartes dès 8 heures, sans bloquer l'entrée. Lilou, en terminale, a dénoncé des manques : « Pas de prof d'espagnol depuis la rentrée. Et pas de prof de [pratique] pro, non plus. Alors qu'on est évalués sur ce bloc le 30 novembre ! » Les manifestants ont également évoqué des problèmes d'infrastructure : « Des fuites d'eau quand il pleut, le faux plafond qui s'effondre en pleine épreuve de bac, c'est ce qu'il se passe ici », ont-ils listé, ajoutant « l'insalubrité des toilettes, pas de papier, pas de savon, la saleté, les odeurs horribles ».

Célia, participante, a confié son inquiétude : « Moi je suis inquiète de louper des cours et des évaluations. C'est Parcoursup qui me stresse. Je voudrais que ça change, mais avec le bac, on est sous une pression de dingue. » Malgré la levée du blocus, les élèves ont affirmé vouloir « continuer à se battre », mais par d'autres moyens. La mobilisation, qui avait rassemblé près de 2.500 lycéens varois dans la rue la semaine précédente, semble désormais marquer une pause.