Les trionyx de Chine, des tortues à carapace molle originaires d'Asie, se multiplient dans les eaux du Lez à Montpellier, exposant baigneurs et riverains à des morsures importantes. Présentes depuis 2005, ces tortues font l'objet d'alertes croissantes. L'association SOS Reptiles Montpellier a lancé une étude pour déterminer si Pelodiscus sinensis constitue une espèce invasive et quel est son impact sur la biodiversité locale.
Une morsure qui peut nécessiter des points de suture
« La morsure peut faire de grosses blessures. Ça ne peut pas aller jusqu'à l'amputation d'un doigt, mais ça pourrait faire des points de suture », explique Dorian Blayac, président de SOS Reptiles Montpellier. Ces tortues ont une carapace molle, difficile à saisir, et un cou très long, leur permettant d'atteindre les mains des personnes qui tentent de les attraper. « Il ne faut pas essayer de la toucher, il faut appeler SOS Reptiles ou la police municipale », prévient-il.
Une espèce surveillée de près
Les signalements se sont multipliés ces dernières années, poussant SOS Reptiles à collaborer avec le Conservatoire des espaces naturels d'Occitanie (CEN) et l'Office français de la biodiversité (OFB). « Nous n'avons aucune idée de l'impact de cette espèce sur la biodiversité du Lez. Mais, au même titre que toutes les tortues exotiques que nous retrouvons dans nos zones humides, il est important de les signaler afin de pouvoir idéalement les sortir de ces milieux », indique Olivier Scher, du CEN Occitanie.
Un risque pour la biodiversité ?
Dorian Blayac précise : « Si on découvre qu'elle s'alimente exclusivement d'écrevisses américaines ou d'espèces déjà invasives… On ne pourra pas forcément dire qu'elle porte préjudice à l'environnement. Mais si elle entre en concurrence avec des espèces protégées, là, ce sera un autre problème. L'idée c'est que ça ne fasse pas comme les tortues de Floride, il faudra penser à l'euthanasie. »
Des relâchers irresponsables
Selon Olivier Scher, la présence de ces tortues dans la région est « liée à des personnes indélicates qui, ne sachant plus quoi faire de leur NAC, les relâchent dans les milieux naturels sans aucune idée de leur impact potentiel sur la faune ou la flore indigène ». Il y voit « à la fois le problème de la vente de ces espèces et du manque de responsabilité des gens ». La dernière observation remonte à juin 2026.



