Une mère de famille de 47 ans a survécu miraculeusement à des tirs visant sa voiture, mercredi 7 octobre, dans la résidence Les Pins au Cannet, près de Cannes. Alors qu'elle manœuvrait pour se garer, elle a vu un homme armé surgir et a accéléré, évitant de justesse les balles. Le parquet de Grasse a ouvert une enquête pour tentative de meurtre.
Une course contre la montre pour échapper aux balles
Il était environ 11 h 50 lorsque G., 47 ans, au volant de sa Mercedes, a aperçu dans son rétroviseur « un homme en noir, cagoulé, accroupi avec une arme, qui a surgi d'entre deux voitures ». Elle raconte : « J'ai eu le réflexe de repasser aussitôt en marche avant, pour repartir, quand il a tiré une première fois. » L'impact a atteint le montant de la portière avant droite, et la vitre passager a explosé en mille éclats.
« Heureusement que la voiture était déjà démarrée et que j'ai réussi à accélérer, sinon je serais morte ! » a-t-elle confié, encore très choquée. Selon elle, deux autres coups de feu ont été tirés alors qu'elle prenait la fuite. « J'étais paniquée, je hurlais appelez la police, appelez la police ! »
Un refuge au poste de police et une question sans réponse
Dans sa course folle, G. a filé en direction du poste de police du Cannet, fait le tour de la place Rocheville, avant qu'une patrouille ne vienne à son secours sur le boulevard Paul-Doumer, à hauteur de la poste. Prise en charge, elle s'en sort indemne. « Tout ça s'est passé en quelques minutes, je n'ai pas trop réfléchi. Mais je suis très croyante et comme j'étais stationnée à proximité d'une église, les policiers m'ont dit : Dieu était avec vous. »
G., mère de deux enfants âgés d'une dizaine d'années, revenait d'une séance de kiné après un accident de la route. Elle ne comprend pas pourquoi elle a été visée : « Moi, je n'ai jamais eu de problème avec personne, et je n'ai jamais subi de menace. Je suis une maman tout à fait normale, et je n'aurais jamais pensé qu'on puisse s'en prendre à moi comme ça. »
Une piste liée à son ex-mari et une vie bouleversée
Après réflexion, G. évoque l'hypothèse d'un différend commercial concernant son ex-mari, à propos d'une boîte de nuit à Cannes. « Un procès est en cours, alors peut-être qu'à travers moi, c'est à lui qu'on voulait faire du mal… » Cette piste devra être explorée par la police, alors que l'enquête pour tentative de meurtre est en cours.
Depuis les faits, G. et ses enfants n'ont pas regagné leur domicile. Elle confie : « La nuit, j'arrive encore à dormir parce qu'en fin de journée, je suis épuisée. Mais je ne suis pas bien et dès que je croise un homme avec la main dans sa poche, je stresse, j'envisage le pire, car c'est quand même moi qu'on a voulu tuer. » Elle conclut : « Je sais que je suis une survivante, mais si j'ai réagi ainsi, par instinct de survie, c'est parce que j'aime mes enfants. Je ne cesse de penser à eux… »