Ce lundi 12 octobre 2026, devant le lycée Jacques-Dolle à Antibes, une ex-médiatrice scolaire, seule adulte «brassard blanc» sur place, tente de calmer les tensions et de protéger «ses petits» mobilisés dans les blocus. Surnommée «Tata» par les élèves, elle veille sur plus d'une centaine de jeunes rassemblés devant l'établissement dès 8 heures.
Une présence rassurante dès les premières heures
Dès 8 heures, ce lundi 12 octobre 2026, «Tata» fait déjà des allers-retours devant le lycée Jacques-Dolle à Antibes. «Madame, il ne faut pas rester là», prévient-elle à une dame à vélo. Écharpe avec les couleurs de la Palestine autour du cou, elle marche d'un pas assuré, sac à dos rempli d'une gourde et de masques chirurgicaux – «les derniers après le Covid» – qu'elle distribue en cas de tirs de gaz lacrymogène.
«Je n'ai pas mon brassard blanc», sourit celle qui préfère rester anonyme, seule adulte présente ce matin pour une nouvelle journée de blocus des lycées. Devant l'établissement scolaire, déjà plus d'une centaine d'élèves se rassemblent une fois la sonnerie de 8 h 30 retentie. Alors que les esprits s'échauffent et que quelques tirs d'artifices se font entendre sur le parvis, les policiers s'équipent et le lycée ferme sa grille.
«J'essaie aussi de les protéger»
«Tata» s'affaire à essayer de calmer les tensions. «Je tente de temporiser, je suis d'accord avec leurs revendications mais je surveille qu'ils ne mettent pas le feu ou qu'ils ne cassent pas le mobilier en les raisonnant comme je peux. J'essaie aussi de les protéger», assure-t-elle. Sur son chemin, beaucoup la connaissent déjà. «T'inquiètes, je ne fais pas de bêtises», la rassure l'un des adolescents.
Lorsqu'un peu plus loin, un petit feu se prépare près d'un buisson, elle s'interpose sans hésitation : «Je leur dis : “La plante, elle ne vous a rien fait !” Ça les énerve, mais ce n'est pas grave… Malheureusement, ce sont les parents qui paient derrière.» Ex-médiatrice scolaire, la quadragénaire va parler aux petits groupes dispersés çà et là et veille au grain. «Si je cours dans tous les sens, c'est parce que c'est une habitude en tant qu'assistante d'éducation dans les collèges», glisse-t-elle, tout sourire.
Un suivi bienveillant jusqu'au pôle d'échanges
Vers 10 heures, après la dispersion des élèves par les forces de l'ordre, beaucoup ont rejoint le pôle d'échanges situé en bas de l'avenue Jules-Grec, et elle choisit tout naturellement d'y aller. «Il y a un de mes petits là-bas, si sa mère sait qu'il est là…» Sur le chemin, elle s'inquiète de savoir si tout le monde va bien et fait des pauses pour prendre des nouvelles. «Tu ne fais rien, tranquille ?», interroge Tata, qui rappelle avec bienveillance à ceux croisant sa route que «pour manifester, il faut des pancartes». «J'essaie de les éduquer, j'ai beaucoup manifesté avant aussi !»
Une fois les tensions apaisées, elle effectue un dernier tour auprès des élèves. «Mais madame, le danger et la violence apportent la parole, on est plus visibles», défend l'un d'eux, assis sur un banc. «Ça montre le chaos, pas vos revendications», conseille-t-elle finalement, avec douceur.
Une matinée sous tension dans les lycées à Antibes
Ce lundi 12 octobre 2026, deux lycées d'Antibes ont notamment été concernés par des blocus. Au lycée Jacques-Dolle, la préfecture des Alpes-Maritimes fait état d'une centaine de jeunes rassemblés devant l'établissement. Des mortiers ont été tirés sur les forces de l'ordre tandis que des cailloux ont été jetés sur le bâtiment et un abri-bus dégradé. «L'interpellation de l'auteur des dégradations a été réalisée», précise la préfecture. L'auteur serait âgé de 16 ans. Un retour au calme a été constaté vers 10 h. À quelques kilomètres de là, devant le lycée Léonard-de-Vinci, un groupe d'une quinzaine de jeunes a également tiré des pétards.